mercredi 13 décembre 2017

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Galileo : Alcatel et EADS vont s’unir

Véronique Guillermard et Mathilde Visseyrias, Le Figaro

mercredi 2 mars 2005, sélectionné par Spyworld

Le concurrent européen du GPS américain sera confié à un seul consortium

Nouveau rebondissement dans le dossier Galileo. La Commission européenne a décidé hier de retarder le choix du consortium qui exploitera le futur système européen de navigation par satellites concurrent du très populaire GPS américain. Elle se donne trois mois de réflexion supplémentaires.

Officiellement, Bruxelles n’a pas tranché entre les deux candidats concurrents. Le premier, iNavSat, réunit le groupe européen d’aéronautique, d’espace et de défense EADS, le spécialiste français de l’électronique militaire Thales ainsi que l’opérateur de satellites Inmarsat. Le second, Eurely, comprend l’équipementier français en télécommunications Alcatel, l’italien Finmeccanica, les espagnols Aena.

Selon nos informations, la Commission européenne souhaite en réalité que les deux consortiums unissent leurs forces. Ce nouveau délai doit leur permettre de trouver un terrain d’entente.

« Des contacts ont déjà été pris entre les responsables des deux consortiums. Mais certains points doivent être réglés avec les Espagnols et les Britanniques », explique un proche du dossier. L’objectif est d’arriver à fusionner les deux consortiums au plus tard d’ici fin mai début juin.

La Commission a dédramatisé sa décision. « La procédure de sélection ne prend aucun retard. Les négociations menées en parallèle avec les deux candidats vont au contraire, compte tenu de la concurrence entre eux, permettre de progresser plus vite que si les négociations n’étaient menées qu’avec un seul consortium », a-t-elle indiqué.

Tous les grands acteurs de l’Europe spatiale sont partie prenante de cet ambitieux projet. « Les deux consortiums ont substantiellement amélioré leur offre originale » et ont tous les deux « démontré leur capacité à devenir concessionnaire », a expliqué l’allemand Rainer Grohe qui dirige le comité d’évaluation de Galileo.

Ce même comité avait déjà été incapable de départager les deux consortiums en septembre dernier. iNavSat avait de bons espoirs de l’emporter. Le journal allemand Die Welt le donnait gagnant. La décision de la Commission était officiellement attendue hier à midi. Elle a été annoncée avec un peu de retard. Et jusqu’à la dernière minute le suspens a été entretenu.

« Le secret est très bien gardé. J’ai des informations contradictoires. La décision pourrait une fois encore être reportée, mais ce n’est pas certain », confiait hier vers 13 heures un bon connaisseur du dossier. « Le sujet est très passionné. Il y a une rivalité italo-allemande importante. Les italiens mènent un lobby très puissant », commentait un expert. Les Italiens ont joué de tout leur poids pour obtenir que le choix du gagnant soit différé une fois de plus.

« iNavSat était sûr de l’emporter. Il a fallu que l’offre d’Eurely soit particulièrement attractive pour qu’une nouvelle fois le comité ne tranche pas », assure un industriel. « Eurely est content d’être retenu à nouveau et confiant sur le fait que son offre présente toutes les caractéristiques pour être retenu à la fin du processus », observe un responsable d’Alcatel.

Les deux candidats possèdent des compétences différentes. « iNavSat regroupe des industriels aux atouts très complémentaires. En cela, il est exemplaire. Inmarsat exploite déjà des constellations de satellites. Et Thales a une grande maîtrise des systèmes de sécurité, outre bien sûr les compétences spatiales d’EADS », explique Alexandre de Juniac, vice-président de Thales Air Systems qui rappelle que les sites industriels d’iNavSat sont principalement situés en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne.

Les retombées du projet seront à la fois militaires et civiles. Elles concerneront le trafic aérien mais aussi le guidage de voiture, l’aide aux services d’incendies et de secours.


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