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Michèle Alliot-Marie exclut un retour au service national

Reuters

mardi 11 juillet 2006, sélectionné par Spyworld

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Michèle Alliot-Marie estime qu’un retour au service militaire traditionnel, supprimé par Jacques Chirac en 1996, coûterait trop cher et ne permettrait pas de répondre aux besoins de défense actuels.

La ministre de la Défense s’exprimait à l’occasion de l’inauguration de l’Etablissement public d’insertion de la défense du Val-de-Reuil, dans l’Eure, qui accueille depuis le mois de juin des jeunes sortis sans diplôme du système scolaire, dans le cadre du dispositif "Défense deuxième chance".

"Le système national tel qu’il existait était un service qui mobilisait la quasi-totalité des militaires pour assurer l’encadrement de ces jeunes. A tel point que lors de la première guerre du Golfe nous étions dans l’incapacité d’assurer, au bout de quatre mois, la relève des militaires que nous avions engagés là-bas", a rappelé Michèle Alliot-Marie.

"C’était donc une armée qui avait très peu de moyens pour nous protéger, alors même qu’aujourd’hui, nous voyons se multiplier les risques qui pèsent sur la France, les Français et sur la paix du monde", a-t-elle poursuivi.

De plus, pour mettre en place un service obligatoire sans discrimination entre garçons et filles, "il faudrait envisager un dispositif qui soit deux fois plus important que celui de l’ancien service national".

Selon Michèle Alliot-Marie, revenir au service national coûterait entre 5 et 7,5 milliards d’euros par an et ce sans intégrer la remise aux normes des casernes.

FORMATION EN INTERNAT

Dans leur projet pour 2007, les socialistes prônent la mise en place d’un service civique obligatoire de six mois pour filles et garçons de 18 à 25 ans qui serait consacré "à des missions d’intérêt général pour favoriser les échanges entre tous les Français".

Les centres "Défense deuxième chance", dont la création a été annoncée par Dominique de Villepin dans le cadre de sa "bataille pour l’emploi", permettent aux jeunes d’acquérir une formation, en internat, sous la houlette de militaires à la retraite et d’enseignants. A leur sortie, ils peuvent intégrer un centre de formation d’apprentis ou chercher un travail directement.

La plupart des jeunes sortis du système scolaire ont été repérés lors des Journées d’appel de préparation à la défense (JAPD). Les volontaires s’engagent dans le cadre d’un contrat de six mois renouvelable trois fois.

Selon le ministère de la Défense, 500 jeunes sortiront des centres à l’automne. D’ores et déjà, 93% d’entre eux, dont plus de 30% étaient illettrés à l’entrée, ont obtenu leur certificat de formation générale.

Le centre du Val-de-Reuil est le sixième établissement "Défense deuxième chance" créé en France depuis septembre 2005. Il héberge 120 jeunes de 18 à 21 ans, dont 27 filles. A terme, il comptera 360 pensionnaires.

Pour Pierre Prunetta, directeur du centre, l’afflux de jeunes volontaires est à mettre sur le compte "du bouche à oreille" et du travail des missions locales pour l’emploi.

Le coût de fonctionnement, essentiellement supporté par le ministère de la Cohésion sociale, est estimé à 24.000 euros par jeune et par an.


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