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L’Intérieur renforce les effectifs policiers contre la délinquance informatique

Christophe Guillemin, ZDNet France

mercredi 8 septembre 2004, sélectionné par Spyworld

Le ministre de l’intérieur a présenté son plan de lutte contre la cybercriminalité. Objectif numéro un : doubler d’ici 2007 le nombre de policiers et de gendarmes spécialisés. Des actons "préventives" sont prévues avec les opérateurs télécoms et internet.

Dominique de Villepin a annoncé, mardi 7 septembre, un plan de lutte contre la cybercriminalité, qui vise à renforcer l’appareil policier chargé de la surveillance de l’internet ou de tout délit commis à l’aide de moyens informatiques.

Principale mesure : « D’ici à la fin de la Lopsi (loi d’orientation et de programmation de sécurité intérieure) en 2007, le nombre de policiers et de gendarmes spécialisés dans la cybercriminalité passera de 300 à plus de 600 », a déclaré le ministre de l’Intérieur selon l’AFP.

Il s’exprimait dans le cadre d’une tournée chez les principaux intéressés, à savoir l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), et surtout de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC). Il centralise les enquêtes sous la tutelle de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Créé en 2000, l’OCLCTIC a pour principale mission d’enquêter sur les infractions liées aux technologies de l’information. Cela va de l’intrusion sur les systèmes de traitement automatisé à la contrefaçon de logiciels, en passant par les escroqueries liées au commerce électronique, peut-on lire sur le site du ministère de l’Intérieur.

Ses effectifs, actuellement de 38 se monteront à 75 d’ici à 2007 ; l’IRCGN passera quant à lui de 30 à 50 gendarmes, nous précise-t-on au cabinet du ministre. Les autres renforts de troupes se feront dans les différents services de police et de gendarmerie, au niveau local comme national, notamment dans les neuf directions interrégionales de la police judiciaire. Les enquêteurs spécialisés y officiant passeront de 130 à 310.

Lors d’un colloque organisé à Bordeaux en février 2002, la commissaire principale Catherine Chambon, chef de l’OCLCTIC, avait avancé que le taux d’élucidation des affaires liées à l’informatique et aux réseaux était bien meilleure que la moyenne des autres délits de droit commun : 35% contre 22%. À ce compte-là, le renforcement des effectifs est-il justifié ? « Le taux d’élucidation se rapporte aux affaires "connues", alors que nous voulons mesurer aussi les affaires "inconnues" », nous répond un conseiller du ministre. « Car les entreprises qui se font pirater ne le crient pas sur les toits... »

Budget consacré au plan non communiqué

Le doublement des effectifs ne représente qu’un seul volet (« renforcement des capacités d’investigations ») d’un plan global qui en compte quatre autres.

Primo : améliorer la connaissance et la formation des OPJ (officiers de police judiciare - policiers ou gendarmes) en la matière, en mettant sur pied ce que le cabinet du ministre appelle un « réseau d’experts ». « Il existe déjà de manière informelle, mais nous allons le renforcer avec des missions précises », poursuit notre interlocuteur de la place Beauvau. « Les experts qui le composeront seront issus du public comme du privé, avec, par exemple, des ingénieurs des services de recherche et développement des FAI ».

Secundo : affiner les compétences des enquêteurs dans deux domaines d’expertise - l’un spécialisé dans la lutte contre la pédophilie (pôle pris en charge par la gendarmerie), et l’autre contre les actes d’antisémitisme, de haine raciale, de terrorisme et de piratage informatique (PJ).

Tertio : « anticiper les évolutions technologiques », grâce aux mêmes experts de la société civile, qui tâcheront d’identifier les nouvelles techniques employées par les cybercriminels.

Enfin dernier point : lancer des opérations de « prévention » de la cyberdélinquance (des campagnes promises pour les semaines à venir), en collaboration avec les professionnels du secteur (opérateurs de téléphone et de services internet).

Ce plan a été élaboré par un groupe de travail sur la cybercriminalité, constitué en juillet dernier par le ministère de l’Intérieur. Impossible d’obtenir le budget qui sera consacré à ces mesures. « Les renforts d’effectifs de police et de gendarmerie étaient déjà prévus, nous ne faisons que leur donner une certaine orientation », précise notre interlocuteur.

« Notre objectif est de montrer que l’espace virtuel n’est pas une zone de non-droit » résume-t-il. De la même manière qu’il a fallu sécuriser les espaces terrestre, maritime et aérien, il y a désormais un quatrième espace, celui de l’information, qui ne doit pas échapper à la règle. »

Pour en savoir plus : Premiers cas d’escroqueries par "phishing" signalés en France


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