lundi 23 octobre 2017

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Les services secrets israéliens comblent des lacunes au Liban

Reuters

samedi 5 août 2006, sélectionné par Spynews

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Les services d’espionnage israéliens s’emploient à compenser une carence de renseignements sur le Liban qui a entravé l’offensive contre les activistes du Hezbollah, rapportent des représentants de la sécurité.

Au treizième jour d’une campagne de bombardements qui a fait environ 370 morts, civils pour la plupart, sans écraser le Hezbollah ni aboutir à la libération de deux soldats de Tsahal capturés, Israël prend conscience que son retrait précipité du Sud-Liban en 2000 lui a fait perdre ses points de repère.

"En matière de renseignements, 2000 a été pour nous l’Année Zéro", a déclaré un responsable de la sécurité à Reuters en demandant à garder l’anonymat.

La surveillance aérienne s’est intensifiée, à la fois pour déterminer l’emplacement des bunkers de commandement secrets du Hezbollah et pour établir le plan du réseau de tranchées utilisé par la guérilla le long de la frontière. Sept membres d’unités de commandos au moins ont péri en mission.

La télévision israélienne a montré des analystes du renseignement utilisant des séquences tournées dans des villages sud-libanais soupçonnés de protéger des hommes du Hezbollah et créant des simulations par ordinateur appelées à servir lors d’incursions terrestres ou de raids aériens.

Parmi les matériels de l’armée saisis et dévoilés par le Hezbollah après un accrochage figurait une caméra vidéo, ce qui fait penser que les unités spéciales d’Israël recensent des moyens militaires accumulés de longue date par la guérilla. Une autre tactique israélienne a consisté à larguer au Liban des tracts incitant les habitants à communiquer des renseignements sur le Hezbollah par internet.

"Nous suivons à la trace le Hezbollah depuis des années, mais l’efficacité est beaucoup plus grande quand cela se fait en pleine phase de combats", note un représentant de la sécurité.

"SURPRISES LOCALES"

Israël pressentait depuis longtemps que le Hezbollah, qui prône la destruction de l’Etat juif avec le soutien de l’Iran et de la Syrie, pourrait déclencher une nouvelle flambée de violence à la frontière libanaise afin de rehausser le prestige que lui avait valu son rôle dans le retrait israélien du Sud-Liban, intervenu en 2000 après 22 ans d’occupation.

Pourtant, les dispositifs militaires considérables massés sur la frontière, avec des observateurs des services secrets, n’ont pas permis d’empêcher le raid du 12 juillet dans lequel le Hezbollah a tué huit soldats et en a enlevé deux autres.

Vingt-neuf Israéliens au moins ont été tués depuis dans des tirs de roquettes et d’autres faits de guerre.

"S’il y a des surprises, ce sont des surprises locales, pas des surprises stratégiques", a dit aux journalistes le ministre de Sécurité intérieure Avi Dichter, ancien chef du Shin Bet (contre-espionnage), au sujet de l’offensive israélienne.

Durant l’occupation du Sud-Liban, le Shin Bet jouait un rôle de premier plan pour la collecte de renseignements, en interrogeant des membres présumés du Hezbollah et en faisant recruter des informateurs par des agents secrets qui les "débriefaient" régulièrement.

Mais, même à cette époque, il n’était pas simple de s’introduire dans le mouvement chiite. "Les membres du Hezbollah sont ardemment fidèles et difficiles à retourner", déclare un vétéran du Shin Bet.

En mai 2000, les forces israéliennes avaient discrètement évacué la "zone de sécurité", emmenant avec elles plusieurs milliers d’alliés libanais.

"Depuis que les Forces de défense israéliennes ont quitté le Liban, la plupart des renseignements ont été amassés par les renseignements militaires et le Mossad (espionnage)", a déclaré lors d’une interview Carmi Gillon, ancien chef du Shin Bet.

Selon les milieux de la sécurité, ce changement a pesé lourd. Les renseignements militaires n’ont qu’une modeste unité d’espionnage et sont tributaires de la surveillance électronique - souvent éludée par une milice aussi soudée que le Hezbollah.

Quant au Mossad, ses points forts ont été ces dernières années la traque d’individus recherchés ou le recrutement d’informateurs au niveau gouvernemental, beaucoup moins la collecte de renseignements sur les capacités de la guérilla.


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