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Mission réussie pour Ariane avec le lancement du satellite Syracuse 3B

AFP

lundi 14 août 2006, sélectionné par Spyworld

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Le satellite de communications militaires Syracuse 3B, crucial pour l’armée française dont les capacités de transmission commençaient à saturer, a été placé en orbite avec succès vendredi par une fusée Ariane 5 version lourde depuis le centre spatial de Kourou.

Cette mise en opération vient compléter l’ensemble du dispositif français en matière de communication militaire hautement sécurisée. Elle marque une étape importante dans l’augmentation des capacités opérationnelles de nos forces armées, notamment lorsqu’elles sont déployées à l’extérieur", a souligné M. Villepin samedi dans un communiqué.

"Le succès de ce soir est absolument exemplaire car Ariane montre qu’elle est un outil de souveraineté. Syracuse 3B est le troisième satellite militaire que nous lançons en moins d’un an", s’est félicité le directeur général d’Arianespace, Jean-Yves Le Gall.

"Je ressens de la fierté en voyant que l’industrie européenne est capable de fournir des solutions pour accroître la sécurité dans le monde", a indiqué de son côté François Lureau, patron de la Délégation générale à l’Armement (DGA).

Syracuse 3B a été largué comme prévu vers 22H48 GMT, soit 32 minutes et 50 secondes après le décollage du lanceur européen du Centre spatial guyanais. Très attendu par les forces armées françaises, ce satellite de communications militaires sécurisées équipé d’un système anti-brouillage va permettre de décupler leurs capacités de transmission.

Construit par Alcatel Alenia Space, le 3B est un clone du 3A, lancé en octobre 2005 mais dont les capacités arrivaient déjà à saturation. Leur durée de vie est estimée entre 12 et 15 ans.

Ces deux satellites vont couvrir une zone allant de l’est des Etats-Unis à l’est de la Chine. Ils sont les premiers à être entièrement dédiés à l’armée française. Les systèmes précédents, Syracuse 1 et 2 mis en orbite depuis le milieu des années 1980, étaient partagés avec France Telecom.

Sous la maîtrise de la DGA, le programme Syracuse 3 représente un coût total de 2,3 milliards d’euros.

Véritable ADSL du champ de bataille, ces satellites permettent d’envoyer données, images en haut débit et d’organiser des visioconférences entre soldats en opération et postes de commandement.

La France va recevoir dès la fin de l’année 600 stations de réception de nouvelle génération, développés par Thales, pouvant être installés sur des navires, des blindés ou transportables à dos d’homme.

Le porte-avions Charles de Gaulle sera équipé de la sienne en 2008. Le lancement d’un troisième satellite pour compléter la constellation est prévu en 2010. Une réflexion a été entamée avec l’Italie pour le développer en commun.

L’Otan et l’Allemagne doivent aussi utiliser des capacités de Syracuse 3.

Le co-passager du satellite français, le satellite japonais de télévision directe et haute définition JCSAT-10 avait lui aussi été largué avec succès environ 5 minutes auparavant. Développé par Lockheed Martin pour JSAT Corporation, il dispose d’une durée de vie de 15 ans et doit permettre de fournir des liaisons sur le Japon, la région Asie-Pacifique et Hawaï.

Troisième de l’année et 172ème pour le lanceur européen depuis sa création au début des années 1980, ce tir était le sixième effectué par une Ariane 5 ECA, la version lourde du lanceur, capable d’emporter dix tonnes en orbite.

Le vol inaugural de ce "camion de l’espace", le 11 décembre 2002, avait été un échec, la fusée ayant dû être détruite en vol en raison d’un problème technique.

Arianespace table sur 5 à 6 lancements en 2006 et envisage de passer à 8 dès 2008 avec les premiers tirs de fusées Soyouz et Vega depuis Kourou. La société qui a déjà lancé 235 satellites depuis sa création, dispose aujourd’hui d’un carnet de commandes de 40 satellites.

Le prochain tir est prévu mi-septembre. Il emportera le satellite expérimental LDREX2 pour l’Agence spatiale japonaise, l’Australien Optus D1 (télécommunications) et l’Américain DirectTV-9S (télévision directe).


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