mardi 24 octobre 2017

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Les preuves s’accumulent à Londres sur le projet de complot terroriste

Marc Roche, le Monde

lundi 28 août 2006, sélectionné par Spyworld

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Une chape de plomb s’est abattue à Londres sur l’enquête portant sur le présumé complot déjoué contre des avions de ligne reliant la Grande-Bretagne aux Etats-Unis, dont la révélation, le 10 août, a sérieusement perturbé plusieurs jours le trafic aérien en Europe.

A écouter la police, l’enquête devrait prendre des mois en raison de la masse de renseignements à exploiter. Même si des zones d’ombre persistent, les déclarations des responsables britanniques sur la saisie de matériaux destinés à construire un engin explosif permettent, cependant, de reconstituer, dès à présent, une partie du puzzle des événements. Ces saisies auraient été effectuées en soixante-neuf endroits différents.

Parmi les pièces à conviction figurent des produits chimiques liquides qui auraient dû être dissimulés dans des bouteilles puis mélangés pendant le vol. La police a aussi mis la main sur des composants électroniques, ordinateurs et téléphones portables, des cartes d’Afghanistan, des manuels de fabrication d’explosifs, ainsi que des notes et des vidéos de testaments des candidats au martyre.

L’inculpation, vendredi 25 août, de Umar Hussain, 24 ans, a porté à douze le nombre de jeunes musulmans britanniques poursuivis dans le cadre de l’enquête. Huit d’entre eux, des hommes âgés entre 19 et 28 ans, sont poursuivis à ce stade pour "fabrication et contrebande d’engins explosifs" qui devaient "être assemblés à bord" afin de faire exploser en vol les appareils partis de Londres. Trois autres, dont Umar Hussain, sont inculpées de complicité dans la préparation d’attentats-suicides. Reste un mineur, âgé de 17 ans, chez qui on a retrouvé des documents sur la fabrication de bombes et plusieurs testaments de coïnculpés.

Il s’agit de jeunes issus de la communauté pakistanaise. Originaires en majorité du Sud, région riche de l’Angleterre, ils étaient a priori au-dessus de tout soupçon, bien éduqués, bons citoyens, relativement intégrés dans la société.

DILEMME DE LA POLICE

Onze autres personnes continuent d’être interrogées dans le cadre de la législation antiterroriste, qui permet la garde à vue pendant vingt-huit jours à compter de leur arrestation. Tous nient les faits qui leur sont reprochés. Cinq des interpellés le 10 août ont été libérés.

Les enquêteurs s’efforcent de remonter la filière financière en passant au crible les comptes bancaires gelés des intéressés. La Charity Commission, organisme de régulation des associations philanthropiques britanniques, a ouvert une enquête sur les activités du Crescent Relief, association créée pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre, en 2005, au Pakistan. Cette organisation a été fondée par Abdoul Rauf, dont le fils Rachid, arrêté au Pakistan, est présenté comme le cerveau du complot. Selon la presse de Lahore, une partie des fonds aurait été utilisée pour financer le complot présumé, comme l’attestent des transferts bancaires entre le Pakistan et le Royaume-Uni.

Comment protéger la présomption d’innocence tout en surmontant le scepticisme d’une partie de l’opinion envers les déclarations officielles sur ce nouveau chapitre de la lutte contre le terrorisme ? Tel est le dilemme de la police depuis les arrestations du 10 août. Après les ratés enregistrés par Scotland Yard dans sa lutte contre le terrorisme, les autorités semblent cette fois disposer d’assez de preuves pour un futur procès qui devrait avoir lieu en 2007, voire en 2008.

D’où la peur de voir entraver le cours de la justice par des "fuites" de la police. Au nom de la présomption d’innocence, pierre de touche du droit anglais, la presse est elle-même rentrée dans le rang après l’émotion des premiers jours.

Un troisième suspect inculpé en Allemagne

Un Syrien arrêté à Constance, dans le sud de l’Allemagne, a été inculpé, samedi 26 août, d’"appartenance à une organisation terroriste", de "tentative d’assassinats" et de "tentative de provoquer une explosion", a indiqué le parquet fédéral allemand, à Karlsruhe.

Il s’agit de la troisième inculpation dans le cadre de l’enquête sur les valises piégées retrouvées, fin juillet, à Cologne dans deux trains régionaux. Le Syrien, Fadi A. S., 23 ans, habitant à Constance, "est soupçonné d’avoir préparé" les attentats avec les Libanais Youssef Mohammed El Hajdib, arrêté le 16 août à Kiel, et Jihad Hamad, arrêté le 24 août au Liban. Un troisième Libanais a été arrêté à Beyrouth, le 25 août. Selon le parquet, "d’autres membres d’une organisation terroriste, inconnus jusqu’à présent, ont éventuellement" participé à cette tentative d’attentats. - (AFP.)


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