mercredi 13 décembre 2017

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"Faire parler" une cassette vidéo , si elle a des "choses à dire"

Charles SICURANI

jeudi 3 mars 2005, sélectionné par Spyworld

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Les techniciens des services de renseignements et de contre-espionnage savent "faire parler" une cassette vidéo mais encore faut-il que cette cassette ait des "choses à dire", estiment des experts interrogés mercredi.

Une source proche de la Direction générale pour la sécurité extérieure (DGSE) a déclaré mardi à l’AFP que les "services spécialisés" du ministère de la Défense "étudient" la vidéo dans laquelle apparaît la journaliste de Libération Florence Aubenas, disparue à Bagdad le 5 janvier.

Selon un ingénieur spécialisé de la Police technique et scientifique de la Police judiciaire française à Ecully (Rhône), près de Lyon, la police technique et scientifique a "les moyens" de remonter à la source d’un cassette vidéo, au terme d’une série d’analyses diverses qui livrent beaucoup de ses secrets. Ce spécialiste, qui a voulu garder l’anonymat, cite en premier lieu "l’analyse du support". Ainsi, outre la marque, le relevé du numéro de lot va déterminer "la date de fabrication" de la cassette. Cet élément recueilli et transmis aux services d’enquête peut leur permettre d’en suivre la trace de l’usine au grossiste, parfois de ce dernier au détaillant.

Résultats : on peut connaître la date de la vente et, éventuellement, quelques éléments sur l’acquéreur. Ensuite, "l’analyse du format permettra de savoir si on a plutôt affaire à un amateur (qui utilise le standard VHS) ou à un professionnel car, par exemple, le +digital betacam+ nécessite un matériel lourd, cher et des opérateurs techniquement pointus", explique-t-il.

Quant à "l’analyse visuelle de l’enregistrement, au-delà de son contenu, insiste l’ingénieur, elle montrera s’il s’agit d’un enregistrement en continu ou émaillé de coupures et donc s’il peut s’agir d’un enregistrement manipulé". D’autres techniques, comme une "analyse des signaux non visibles sur l’image, ou celle de diverses fluctuations d’enregistrement" seront très précieuses aux spécialistes tout comme "l’analyse de la bande audio".

Ces dernières techniques montreront, dans le cas d’une suite de séquences plutôt que d’un enregistrement continu, si "on a pu faire dire au(x) personnage(s) qui s’exprime(nt) d’autres propos que ceux qu’ils ont réellement tenus ou cru dire". "Il suffit d’avoir, même à son insu, enregistré tout ce qu’une personne a pu dire auparavant pour tirer, d’éléments disparates et variés dans le temps, un discours construit mais non prononcé comme tel".

Quant à savoir si des propos ont été imposés ou s’ils sont naturels, "là, c’est du ressort des psychologues ou des linguistes", pas du nôtre, conclut ce spécialiste.

Pour autant, souligne Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), les terroristes savent "très bien" enregistrer une cassette, comme celle avec Florence Aubenas dont l’examen ne livre qu’un minimum de renseignements sur son environnement, en n’y faisant apparaître "que ce qu’ils veulent".

EXPERTISE D’UNE CASSETTE VIDEO
EXPERTISE D’UNE CASSETTE VIDEO

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