jeudi 14 décembre 2017

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Bush reconnaît l’existence des prisons secrètes de la CIA

Le Figaro, avec AFP, AP et Reuters

mercredi 6 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Le président américain a justifié mercredi soir le « programme » des prisons secrètes par les nécessités de la « guerre contre le terrorisme ». 14 prisonniers détenus par la CIA ont été transférés à Guantanamo dans l’attente de leur jugement. Parmi eux, Khalid Cheik Mohammed, le « cerveau » des attentats du 11 septembre.

Changement de cap. Lors d’un discours mercredi devant plusieurs familles de victimes des attentats du 11 septembre, George Bush a annoncé plusieurs modifications majeures de sa politique concernant les prisonniers capturés dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ».

Pour la première fois, le président américain a reconnu que certains suspects ont été détenus et interrogés à l’étranger par la CIA. L’information, révélée par la presse américaine, était jusqu’ici niée par la Maison Blanche. Bush a justifié ce « programme », réservé à « un petit nombre » de détenus de valeur, expliquant qu’« il a été nécessaire de déplacer ces individus dans un environnement où ils pouvaient être tenus au secret, interrogés par des spécialistes et, le cas échéant, poursuivi pour leurs actes terroristes ».

A l’appui, il a cité des cas où les aveux d’un terroriste présumé avaient permis d’empêcher un attentat. Quatorze de ces prisonniers, parmi lesquels Khalid Cheik Mohammed, le « cerveau » des attentats du 11 septembre, « affronteront » la justice. Ils ont été transférés à la prison de Guantanamo dans l’attente de leur procès, devant des « tribunaux militaires ».

Le Pentagone appliquera la Convention de Genève pour les prisonniers soupçonnés de terrorisme

George Bush a également martelé que les Etats-Unis « ne pratiquaient pas la torture et ne la pratiqueraient jamais ». Plus tôt dans la journée, le Pentagone avait annoncé qu’il appliquerait désormais l’article 3 de la Convention de Genève. Ce texte proscrit toute torture ou mauvais traitement à l’égard d’un prisonnier. « Tous les détenus devront être traités humainement et en accord avec les lois américaines, les lois de la guerre », affirme la directive, signée par le numéro deux du Pentagone, Gordon England.

Cette décision constitue un changement majeur de la politique appliquée depuis 2002. George Bush avait alors qualifié les membres d’al-Qaida et autres détenus soupçonnés de terrorisme d’ « combattants ennemis » ne bénéficiant pas de la protection de la Convention de Genève. Toutefois, comme l’a précisé le ministère américain de la Défense, la nouvelle directive ne s’applique qu’aux prisonniers sous la responsabilité du Pentagone. En clair, elle ne concerne pas les détenus interrogés par des agents de la CIA à l’étranger.


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