vendredi 20 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Le Watergate suédois n’aura pas lieu

Le Watergate suédois n’aura pas lieu

Le Monde, avec AFP

jeudi 7 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

logo

Après d’une semaine des élections législatives, les sociaux-démocrates du premier ministre Göran Persson, usés par dix ans au pouvoir, malmenés dans les sondages, ont entre les mains l’arme qui leur permettrait de se retourner et d’asséner un coup fatal à leurs concurrents libéraux du parti des Modérés. Per Jodenius, jeune collaborateur du Parti libéral, pivot de la coalition de centre-droite qui défiera Göran Persson le 17 septembre, est devenu le centre d’un scandale informatique digne de devenir un Watergate suédois.

Entre janvier et mars 2006, Per Jodenius s’est introduit soixante-dix-huit fois dans les bases de données informatiques du Parti social-démocrate. Le pirate y a dérobé des informations sur l’agenda de campagne du premier ministre, et, plus important, la stratégie électorale du parti de centre gauche.

Le scandale a éclaté lundi 4 septembre, et fait, depuis, la "une" des journaux suédois. Mais la Suède n’est pas les Etats-Unis. Contrairement à Richard Nixon, Fredrik Reinfeldt, le leader de l’opposition et de facto responsable de ses troupes, n’a pas démissionné, et ne devrait sans doute pas le faire. Les esprits se calment et le consensus à la suédoise reprend ses droits. Certes, Per Jodenius a été congédié dès lundi. Et Johan Jakobsson, un des meneurs des Modérés, a présenté sa démission, s’accusant de "n’avoir pas agi avec assez de force" pour brider son jeune collaborateur. Mais, mercredi soir, alors que les chefs des deux coalitions, Göran Persson et Fredrik Reinfeldt, s’affrontaient dans un des ultimes débats télévisés, pas une fois le scandale n’a été évoqué. Courtois, les deux hommes s’étaient mis d’accord pour ne pas parler de l’affaire.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :