lundi 23 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > La réorganisation dans l’administration et les services de (...)

La réorganisation dans l’administration et les services de renseignement américains après le 11-Septembre

AP

vendredi 8 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

logo

Après les graves failles et lacunes enregistrées à l’occasion des attentats du 11-Septembre, les autorités américaines se sont livrées à l’une des plus grandes réorganisations de leur appareil de sécurité depuis la création du ministère de la Défense en 1947. Dans le même temps, les dépenses de sécurité ont explosé, passant de 16,8 milliards de dollars en 2001 à 55 milliards en 2006. Voici un aperçu des réorganisations :

MINISTERE DE LA SECURITE INTERIEURE Vingt-deux agences fédérales dispersées et comptant 180.000 employés ont été regroupées en mars 2003. Le nouveau ministère de la Sécurité intérieure supervise la sécurité des ports, aéroports et des frontières. Il devient l’unique référent des autorités civiles d’une ville ou d’un Etat qui recherchent des renseignements ou des informations confidentielles sur des menaces. Bien que créé dans une optique antiterroriste, ce ministère a étendu ses prérogatives aux risques naturels, comptant sous son ombrelle la FEMA, agence de gestion des catastrophes.

ADMINISTRATION DE LA SECURITE DES TRANSPORTS Le Congrès a créé l’Administration de la sécurité des transports (TSA) peu après les attentats du 11-Septembre en tant que branche du ministère des Transports. Le TSA a ensuite été fondu en mars 2003 dans le ministère de la Sécurité intérieure. Censé protéger tous les modes de transport, le TSA a reçu du Congrès un ordre de mission le poussant presque exclusivement à prévenir les attentats à bord des avions de ligne. Des milliers d’agents de sécurité en civil ont été déployés dans les vols commerciaux. Plus de 50.000 contrôleurs de sécurité ont été engagés dans les aéroports pour remplacer les sociétés sous-traitantes employées par les compagnies. Des milliards de dollars ont été dépensés pour installer des détecteurs d’explosifs dans les aérogares.

MINISTERE DE LA JUSTICE/FBI

La priorité No1 du FBI n’est plus la lutte contre la criminalité mais l’antiterrorisme. Des centaines d’analystes ont été embauchés et déployés dans le pays, alors que des centaines d’agents ont abandonné la traque des braqueurs de banques et autres criminels pour faire de l’antiterrorisme. Par ailleurs, la loi USA Patriot Act, adoptée 45 jours après les attentats, a réduit les barrières entre les services de renseignement et les forces de police. Elle a aussi nettement assoupli les règles en matière d’écoutes et de surveillance pour les dossiers terroristes, au grand dam des organisations de défense des droits civiques.

RENSEIGNEMENT

Les 16 agences de renseignement ont été unifiées sous l’autorité d’un directeur national du renseignement, l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad John Negroponte. Un Centre national du contre-terrorisme a été créé pour regrouper membres du FBI, de la CIA, du Pentagone et d’ailleurs pour traiter en un seul lieu toutes les informations sensibles. Le centre a plusieurs centaines d’employés, alors que la communauté du renseignement compte environ 100.000 membres. De plus, la CIA entend accroître de 50% le nombre de ses agents et analystes d’ici 2010. Elle portera un accent particulier sur ceux parlant le farsi, l’ourdou, le pachtou et le coréen. Ces deux dernières années, l’agence a ouvert ou rouvert des bureaux dans une vingtaine de pays.

PENTAGONE

Le Commandement Nord, créé en 2002, supervise les opérations militaires domestiques et coordonne l’aide aux autorités civiles. Peu après les attentats, des patrouilles d’avions de combat ont commencé à survoler les principales villes avec autorisation d’abattre tout appareil menaçant. La Marine a reçu l’autorisation d’intercepter tout bâtiment transportant des terroristes ou des armes. Plusieurs Forces de réaction rapide ont été mises sur pied afin de répondre à d’éventuelles menaces au sol. L’armée de l’Air a mis sur pied la base de données TALON, très controversée, censée réunir des informations sur de possibles menaces terroristes.

MINISTERE DE LA SANTE

Plus d’un milliard de dollars ont été distribués aux hôpitaux et organes sanitaires municipaux et régionaux afin de parer à toute attaque bactériologique. Les agences sanitaires ont acheté du matériel de laboratoire, des moyens de communication et dopé leurs effectifs, tandis que les hôpitaux se sont entraînés à traiter une attaque mortelle à la variole ou au bacille du charbon et acheté des médicaments et des kits de décontamination. Le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a mis sur pied un réseau d’alerte permettant aux scientifiques d’émettre des bulletins d’alerte dans tous le pays. Enfin, 645 millions de dollars ont été débloqués pour acheter médicaments, masques, respirateurs et autres au profit de la Réserve stratégique nationale.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :