samedi 16 décembre 2017

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Après les attentats de Madrid et Londres, la France en première ligne

Jean Chichizola, le Figaro

lundi 11 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Plusieurs dizaines d’individus et une quarantaine de cellules radicales sont, selon les services antiterroristes, capables de passer à l’acte.

LE FIGARO s’est procuré la dernière note de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) qui, cinq ans après le 11 Septembre, analyse « la menace terroriste d’inspiration islamique ». Daté du 1er septembre, elle évoque un risque qui « s’inscrit dans la durée ».

Une quarantaine de cellules radicales sur le sol français

Selon l’Uclat, la France est l’un des pays « les plus décriés par la mouvance terroriste islamiste », notamment en raison de la loi du 15 mars 2004 sur l’interdiction du port de signes religieux ostensibles à l’école. Dans un message du 23 février 2006, Oussama Ben Laden attaque ainsi « la position de la France sur le voile islamique » et « l’accuse de représenter le monde catholique auprès de l’ONU ». Dans une vidéo diffusée le 15 mai 2006, un responsable d’al-Qaida appelle les musulmans à la châtier après la diffusion des caricatures du prophète Mahomet.

Selon la note, « plusieurs dizaines de personnes retiennent l’attention pour leur implication à titre individuel ou au sein d’une quarantaine de cellules constituées, en raison de leurs liens avec les zones irakiennes, pakistano-afghanes et sahélo-maghrébines ». Autant d’extrémistes qui pourraient basculer dans l’action violente. Sur le plan extérieur, l’intervention au Liban pourrait « être utilisée comme prétexte par un groupe islamiste » ou « entraîner un risque terroriste sur place » de la part du Hezbollah, estime l’Uclat.

Dans un tel contexte, une « cinquantaine de lieux de culte musulmans font actuellement l’objet d’une surveillance particulière en raison de leur fréquentation par des éléments radicaux ». Deux cents individus se livrant à des activités de prosélytisme islamique en prison ont été repérés, presque un tiers des établissements étant concernés.

Depuis le 11 septembre 2001, 175 personnes ont été mises en examen dans des dossiers terroristes et 71 individus, dont 15 imams, ont été expulsés.

La France menacée en Afghanistan

Deux zones de combat, l’Irak et l’Afghanistan, attirent les volontaires. L’Irak « constitue la menace la plus préoccupante ». « Principale terre de djihad », le pays accueille des militants prêts à combattre ou « à revenir dans leur pays d’origine pour y perpétrer des attentats une fois formés aux techniques du terrorisme urbain ». Selon l’Uclat, « au moins neuf individus partis de France sont morts en Irak, deux y sont incarcérés et une dizaine d’autres y seraient présents aux côtés des insurgés ».

En Afghanistan, la note souligne que l’alliance entre les talibans et al-Qaida « augmente la menace » pesant sur les forces françaises, et ce au moment où « la France a pris au début du mois d’août le commandement de la Force internationale d’assistance à la sécurité » à Kaboul.

Les touristes français, cibles des terroristes algériens

Pour l’Uclat, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien (GSPC), qui a prêté allégeance à al-Qaida en septembre 2003, constitue « l’une des menaces les plus lourdes qui pèse actuellement sur la France ». Des combattants « originaires d’autres pays du Maghreb, notamment tunisiens, libyens, marocains et mauritaniens » sont formés « dans les maquis algériens » du GSPC dont le chef a désigné la France comme l’ennemi numéro un de l’islam.

Dernier exemple en date : les hommes armés qui, le 21 août 2006, ont enlevé 23 touristes, dont 21 Italiens, dans une zone désertique du sud-est du Niger, attendaient en réalité « un convoi de touristes français ».

L’Europe au centre des complots d’al-Qaida

Les complots déjoués ces six derniers mois ont prouvé, après les attentats sanglants de Madrid, le 11 mars 2004, et de Londres, le 7 juillet 2005, que l’Europe est un des objectifs principaux des terroristes.

La dernière grande opération antiterroriste en Grande-Bretagne, en août dernier, a permis d’établir que la plupart des suspects « avaient suivi des stages d’entraînement paramilitaire » au Pakistan. L’Uclat estime que « le choix des cibles, la sophistication des moyens explosifs, la découverte de vidéos testaments, l’appartenance de Rashid Rauf [chef présumé du complot] à l’organisation fondamentaliste [pakistanaise] Harakat ul jihad-e islami laissent supposer une implication d’al-Qaida dans ce projet ».

En Allemagne, la tentative d’attentat dans deux trains régionaux est en revanche l’oeuvre de deux étudiants libanais, apparents amateurs du terrorisme.

Dernier exemple : l’Italie prise pour cible par des islamistes proches du GSPC arrêtés au Maroc le 10 mars 2006. Ils visaient « particulièrement le métro de Milan et la cathédrale de Bologne ».Jean Chichizola


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