dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Le Japon lance un satellite espion pour surveiller la Corée du (...)

Le Japon lance un satellite espion pour surveiller la Corée du Nord

AFP

lundi 11 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

logo

Le Japon a mis en orbite lundi un satellite espion afin de surveiller la Corée du Nord voisine, dont le programme nucléaire et le développement de missiles inquiètent de plus en plus Tokyo.

La fusée H2A transportant le satellite de renseignement militaire a décollé comme prévu à 13h35 (00h35 HAE) de la base de Tanegashima, dans l’île de Kyushu (sud), a annoncé l’Agence spatiale nippone (Jaxa).

« Le satellite a été mis sur orbite environ 16 minutes après le lancement. C’est un succès », a précisé un porte-parole.

Ce satellite est capable d’observer des objets au sol de la taille d’une voiture.

Il évoluera sur une orbite polaire à une altitude comprise entre 400 et 600 kilomètres. Ses missions de renseignement seront menées à bien en conjonction avec un satellite radar, dont la mise en service est prévue l’hiver prochain.

Grâce à ce dispositif, les militaires japonais auront la possibilité de surveiller n’importe quel point de la planète une fois par jour.

Le premier ministre Junichiro Koizumi, qui assiste au Sommet Asie-Europe (ASEM) à Helsinki, s’est aussitôt réjoui de la nouvelle en prédisant « d’autres succès (japonais) dans le développement de la technologie et de l’exploration spatiales ».

Le lancement a eu lieu alors que Tokyo ne cache plus ses inquiétudes face aux menaces nord-coréennes depuis les tirs d’essais début juillet par Pyongyang de sept missiles balistiques qui ont terminé leur course au large des côtes nippones, provoquant la condamnation de la communauté internationale.

Le déploiement de satellites militaires japonais « vise à assurer notre sécurité et à nous défendre contre certains pays étrangers », a commenté un haut fonctionnaire du bureau du premier ministre.

Ils « seront aussi utilisés en cas de catastrophe majeure. Ils ne sont pas directement liés aux questions spécifiques de la Corée du Nord et de ses lancements de missiles », a-t-il toutefois tempéré.

Deux satellites espions avaient déjà été mis sur orbite en mars 2003. Leur lancement avait été décidé en 1998, peu après le tir par la Corée du Nord d’un missile balistique qui avait survolé l’archipel avant de terminer sa course dans l’océan Pacifique.

Le satellite lancé lundi aurait dû être mis en service en novembre 2003. Mais la fusée H2A chargée de le mettre en orbite avait été détruite après dix minutes de vol en raison d’un important problème technique.

À la suite de ce revers, la Jaxa avait dû suspendre ses missions durant plus d’un an.

La décision de lancer un nouveau satellite espion avait été prise par le gouvernement en début d’année, sur fond de vives préoccupations liées aux programmes nucléaire et de missiles nord-coréens.

Cette menace a suscité au Japon un débat sur l’éventuelle révision de la Constitution pacifiste de 1947, afin de permettre au pays de se doter d’une véritable armée capable de riposter en cas d’agression extérieure. Pour le moment, les « Forces d’autodéfense » nippones voient leur rôle cantonné à la défense du territoire au sens strict, sans aucune capacité offensive.

Initialement prévu dimanche, le lancement de la fusée H2A avait été retardé de 24 heures en raison du mauvais temps.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :