mardi 12 décembre 2017

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Alliot-Marie : "ce serait une grave erreur" de réduire le budget Défense

AFP

mardi 12 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Michèle Alliot-Marie et de hauts responsables de la défense ont insisté lundi et mardi, à quelques mois de l’élection présidentielle, sur la nécessité de préserver les budgets de l’armée, à l’occasion de la 4e université d’été de la Défense.

"Ce serait une grave erreur que de chercher des économies majeures sur les grands programmes essentiels lancés et maintenant fortement engagés", a déclaré mardi la ministre de la Défense, en clôturant à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) deux jours de débats sur "la transformation de l’armée à l’épreuve des réalités".

Dressant un bilan du ministère qu’elle conduit depuis plus de quatre ans, Mme Alliot-Marie a prononcé un long discours, estimant qu’"il serait irresponsable de ne pas poursuivre cet effort, à l’égard de nos concitoyens et à l’égard de notre Histoire".

"La défense d’hier" n’aurait pas permis à la France d’être présente simultanément comme aujourd’hui sur les différents théâtres d’opérations extérieures : Côte d’Ivoire, Afghanistan, Congo, Bosnie, Kosovo... et maintenant Liban, a estimé la ministre.

15.000 soldats français sont actuellement déployés à l’extérieur, ce qui correspond, compte tenu des rotations, à une mobilisation de 60.000 militaires par an, sur un total de soldats "projetables" compris entre 90.000 et 100.000.

A l’approche de l’élection présidentielle, peu de candidats se sont encore exprimés clairement sur le sujet, mais l’entourage de la ministre craint que le budget de la Défense ne fasse les frais de la nécessité de réduire la gigantesque dette de l’Etat.

Les crédits de la Défense représentent actuellement 12% des dépenses de l’Etat et 2007 sera l’année de la préparation de la prochaine loi de programmation militaire (2008-2012).

Le président de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale, Guy Teissier (UMP), a également tiré la sonnette d’alarme et interpellé les futurs candidats à la présidentielle sur la force de dissuasion nucléaire.

"Dans les semaines et les mois qui viennent, j’attends, de tous les candidats, qu’ils se prononcent clairement en faveur de la poursuite de ce choix", a-t-il lancé.

"L’effort entrepris depuis 2002, notamment pour les crédits d’équipements, permet tout juste de revenir en 2006 (en euros courants) au niveau de 1993, soit 15,7 milliards d’euros. Il faut bannir toute perspective de réduction des crédits au-delà de 2007", a-t-il ajouté.

Lundi, dans un discours au camp militaire de Carpiagne, près d’Aix, le nouveau chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Bruno Cuche, avait déjà sonné la charge.

Intervenant après une démonstration qui a notamment permis de voir évoluer des chars Leclerc et des véhicules blindés chenillées AMX-10P, semblables à ceux qui viennent de débarquer au Liban, le général Cuche avait insisté sur la "nécessaire modernisation" de l’armement.

Il a mis en garde contre "une éventuelle remise en cause des programmes phares ou de certains programmes de cohérence opérationnelle (...) qui fragiliserait notre processus de modernisation et, au-delà, nos industries d’armement terrestre parmi lesquelles de nombreuses PME".


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