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Premiers transferts des archives secrètes de Ceausescu

Faustine Vincent, le Figaro

dimanche 13 mars 2005, sélectionné par Spyworld

La redoutable Securitate, l’ex-police politique de Nicolae Ceausescu, pourrait bientôt livrer une partie de ses secrets. Une partie seulement car le service du renseignement (SRI) semble bien décidé à compliquer la tâche de l’organisme chargé d’étudier les dossiers. Réclamé par le nouveau président roumain, Traian Basescu, début mars, l’acheminement de 12 des 18 kilomètres de dossiers au Conseil national d’étude des archives de la Securitate (CNSAS), créé en 2000, a commencé hier. Il s’agit du « plus vaste transfert d’archives depuis la Seconde Guerre mondiale. Au total, 60 millions de pages seront remises » aux experts, se félicite un responsable du service du renseignement.

A raison d’un ou deux camions de dossiers par jour, le CNSAS accédera bientôt aux deux tiers des quelque 18 km d’archives. Le service du renseignement a toujours préféré mesurer en kilomètres ; une astuce qui permet d’éviter de connaître le nombre exact de dossiers qu’il détient. Le contenu du reste des archives - qui aurait trait à la sécurité nationale - devrait être jugé d’ici à la fin de l’année par une commission conjointe pour décider de leur éventuelle déclassification.

Depuis l’adoption, en 1999, d’une loi visant à démasquer les anciens membres et collaborateurs de la police politique, moins de 900 mètres de dossiers ont été remis au Conseil, qui dénonçait régulièrement la « mauvaise volonté » du SRI. Si l’ouverture des archives est aujourd’hui saluée par le président du CNSAS, Gheorghe Onisoru, d’aucuns dénoncent déjà un coup de bluff.

L’ancien député Ticu Dumitrescu, initiateur de la loi de 1999, accuse notamment le service du renseignement de vouloir « maintenir le monopole sur ces archives, en refusant de remettre également au CNSAS les registres et les banques de données » qui permettraient aux membres du Conseil de se repérer plus facilement. « Retrouver le nom d’un agent de la Securitate reviendra à chercher une aiguille dans une meule de foin », souligne-t-il.

Le SRI se montre d’autant plus réticent à livrer les noms des anciens agents de la Securitate que, selon l’historien Marius Oprea, les services secrets continuent d’utiliser « environ un tiers des officiers » de l’ancienne police politique communiste. Pour compliquer la tâche du Conseil, le service des renseignements préfère révéler les noms des informateurs en protégeant ceux des officiers.

Jusqu’à présent, moins de 10 000 Roumains ont pu consulter les archives les concernant. Bien qu’incomplet, ce début d’ouverture des dossiers représente « un pas en avant, qui permettra de déconstruire les mécanismes de la Securitate », affirme Marius Oprea. C’est aussi une première étape dans la mise en lumière de ces années noires, à un peu plus d’un mois de la signature par la Roumanie - et la Bulgarie - du traité d’adhésion à l’Union européenne.


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1 Message

  • Le directeur du SRI, Alexandru Radu Timofte, et le président du CNSAS, Gherghe Onisoru, ont conclu le7 octobre 2005 un accord concernant la prise en charge par le CNSAS des dossiers créés par la Securitate, processus déclenché au mois de mars courant, conformément à la decision du Conseil National de Défense du Pays.

    Cet accord précise les conditions concrètes qui vont rendre ce processus plus rapide : la prise en charge des dossiers va se faire au volume et non pas au feuillet, le SRI va livrer le fichier informatisé des dossiers et les copies électroniques des documents microfilmés.
    Jusqu’au mois de septembre courant, le SRI a livré au CNSAS 8 km d’archives, c’est à dire 1200000 dossiers comprenant 1400000 volumes et le fichier informatisé de ces dossiers.

    La livraison a debuté en mars par la prise en charge des dossiers des informateurs de la Securitate et a continué par celle des documents des personnes poursuivies.
    Pour la mise en oeuvre des objectifs cités et pour rendre plus rapide ce processus fastidieux, les deux institutions se sont engagées à collaborer de façon ouverte et soutenue, tout en utilisant les moyens humains et techniques nécessaires.