mardi 24 octobre 2017

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Un chef de la police confirme l’existence d’une cellule antiterroriste internationale à Paris

Piotr Smolar, le Figaro

mercredi 13 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Un haut responsable policier français a confirmé publiquement, mardi 12 septembre, l’existence d’une structure antiterroriste commune entre six pays, dont la France et les Etats-Unis. Interrogé par Radio France Internationale (RFI), Christophe Chaboud, chef de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), a indiqué qu’il s’agissait d’"un dispositif opérationnel d’échange" de renseignements. L’existence de cette structure antiterroriste, baptisée "Alliance Base", avait été révélée en juillet 2005 par le quotidien Washington Post.

Basée à Paris, cette cellule travaille de façon permanente sur des cibles opérationnelles, en amont du judiciaire. Elle permet d’échanger des renseignements, tels des extraits d’écoutes ou des fichiers informatiques, bien plus vite que dans un simple cadre bilatéral. Alliance Base regroupe des représentants de six pays : les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Canada et l’Australie. Pour la France, participent des officiers de la direction de la surveillance du territoire (DST), de la direction centrale des renseignements généraux (DCRG) et de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

L’extrême discrétion qui a entouré la création d’Alliance Base, en 2003, alors qu’un différend politique majeur - l’intervention américaine en Irak - opposait violemment les Etats-Unis et la France, illustre ce que les responsables policiers français répétaient depuis les attentats du 11 septembre 2001 : la collaboration entre les services n’a fait que se renforcer au fil des mois, les Américains reconnaissant leurs lacunes en matière de renseignement humain, les Français bénéficiant des moyens technologiques de leurs homologues.

L’AFFAIRE GANCZARSKI

Aujourd’hui, les responsables des services français ne se réjouissent guère de la publicité faite autour d’Alliance Base. Ils mettent en avant leur souci de ne pas livrer aux groupes islamistes des informations sur leur dispositif de prévention et de répression. En outre, la localisation de cette structure internationale à Paris en fait potentiellement une cible pour un attentat.

On sait peu de chose des succès d’Alliance Base. Tout juste connaît-on son implication dans l’arrestation de Christian Ganczarski, présenté à l’Assemblée nationale par Nicolas Sarkozy comme un haut responsable d’Al-Qaida en Europe. Soupçonné d’avoir participé à l’organisation de l’attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts le 11 avril 2002, Christian Ganczarski avait été arrêté peu après et interrogé pendant trois mois par les Allemands.

Cependant, ces derniers ne disposaient pas d’une législation antiterroriste aussi confortable qu’en France et l’avaient remis en liberté. En avril 2003, Christian Ganczarski a été interpellé en Arabie saoudite, puis expulsé vers la France deux mois plus tard, grâce à une collaboration entre la CIA et la DGSE au sein d’Alliance Base.


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