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Les géomètres haussent la précision du GPS au centimètre

Philippe Pélaprat , 01 Réseaux

mardi 15 mars 2005, sélectionné par Spyworld

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Leur projet Teria se met en place. Ce réseau national de stations GPS délivrera un positionnement d’une précision inégalée.

Les géomètres-experts jouent un rôle essentiel dans un grand nombre de domaines qui vont du bornage de terrain aux interventions liées à la création d’infrastructures de génie civil ou de réseaux divers.

Ces techniciens utilisent depuis longtemps la réception GPS , mais le manque de précision du service standard (non militaire) et surtout l’obligation légale* de rattacher leurs travaux à un référentiel géodésique national ont poussé l’ordre des géomètres-experts (OGE) à s’équiper d’un outil de référence ouvert à d’autres utilisateurs.

Une centaine de stations fixes GPS

Autofinancé par six cents professionnels - un tiers des effectifs de l’OGE -, le réseau Teria sera constitué, dès fin 2005, d’une centaine de stations GPS fixes, éloignées les unes des autres d’une centaine de kilomètres. Implantées à demeure et labellisées comme références de l’Institut géographique national (IGN), elles seront connectées via des liens ADSL à un centre serveur avec lequel les utilisateurs se mettront en relation lorsqu’ils voudront corriger les relevés de leur propre station mobile.

« Il suffira de s’abonner et d’établir une communication GSM-GPRS avec notre société commerciale, Exagone, pour recevoir automatiquement le module de correction au format international. Celui-ci sera instantanément interprété par le GPS du client, et lui apportera une précision centimétrique » , indiquent les responsables de l’OGE. Après appel d’offres, la réalisation de Teria a été confiée au groupement Martec Tekelec Services-Thales Navigation.

Le premier agit en tant que maître d’oeuvre et intervient sur l’aspect réseau et traitement informatique. Le second fournit des stations iCGRS (Internet-enabled continuous geodetic reference station), un système de référence conçu pour être connecté sur internet. La solution logicielle Gnsmart de l’allemand Geo++ a été retenue pour fournir les données de calcul différentiel.

Le système a été dimensionné pour servir cinq cents requêtes simultanées, et vient combler un manque auquel les structures étatiques étaient incapables de remédier, « faute de crédit » , indique-t-on. « L’initiative de notre ordre permet non seulement d’investir, mais aussi d’assurer le fonctionnement de Teria pendant cinq ans » , se réjouit Alain Gaudet, président du conseil supérieur de l’OGE.

Teria est ouvert à de nombreux partenaires institutionnels (IGN, Direction générale des impôts, Institut de physique du globe, Association des ingénieurs territoriaux, etc.). Il accueillera éventuellement d’autres stations appartenant à des collectivités locales, des écoles ou des administrations (ce qui lui donnera de la redondance et encore plus de précision).

Le réseau répondra aux besoins de nombreux domaines applicatifs. Parmi ceux-ci, l’OGE pointe la gestion de flotte de véhicules ou encore l’accès aux systèmes d’informations géographiques, directement sur le terrain, pour le déploiement des services de sécurité ou l’établissement de réseaux aériens ou enterrés. Sur ce point, les géomètres-experts indiquent que Teria permettra de répondre plus facilement aux exigences légales de référencement, dans un système numérique national, des plans de récolement des infrastructures établies sur le domaine public.

* Loi d’aménagement et de développement durable de 1995, ainsi que le décret du 23 décembre 2000.

Un réseau GNSS qui intégrera Galileo

Teria est un réseau GNSS (Global navigation satellite system) qui prend en compte non seulement les données GPS émises par la constellation américaine Navstar (24 satellites sur 6 orbites circulaires à 20 000 km), mais également celles du système russe Glonass (24 satellites sur 3 orbites circulaires à 19 100 km) et, bientôt, les informations transmises par le système européen Galileo (30 satellites sur 3 orbites). Les trois systèmes totaliseront, vers 2010, près de 80 satellites qui émettront leurs signaux vers des terminaux capables d’établir précisément leurs latitude, longitude et altitude.

Mais pour certains usages, il est nécessaire de corriger les relevés mobiles avec des données produites par des réseaux fixes de référence. Dans les prochaines semaines sera ainsi inauguré Egnos, le pendant européen de l’américain WAAS et du japonais MSAS. Tous trois sont destinés à l’affinage du positionnement GPS pour les avions, les navires et les véhicules terrestres.


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