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Les services de renseignement sont mieux préparés, dit M. Negroponte

Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat

mardi 19 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Article du directeur des services de renseignement des États-Unis paru dans le quotidien « The Washington Post »

L’article ci-après du directeur des services de renseignement des États-Unis, M. John Negroponte, a paru le 10 septembre dans le quotidien « The Washington Post ». Il fait partie du domaine public et peut être reproduit librement.

(Début de l’article)

Oui, nous sommes mieux préparés John Negroponte

La surprise est ce que le renseignement est censé prévenir, mais le 11 septembre 2001 notre pays a été surpris, et les résultats se sont révélés tragiques. Maintenant, le cinquième anniversaire de ces événements horribles soulève de nouveau la question suivante : est-ce que les services de renseignement de notre pays sont mieux préparés pour assurer la sécurité des États-Unis ? La réponse est positive. Les services de renseignement des États-Unis ont fait de grands progrès depuis le 11 septembre 2001.

Tout d’abord, nous comprenons mieux la menace du terrorisme transnational, et nous sommes prêts à y faire face. Bien que notre ennemi change constamment et qu’il reste dangereux, nos collecteurs d’informations et nos analystes suivent avec soin l’évolution d’Al-Qaïda et de ses alliés idéologiques. Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus d’analystes de « toutes les sources » - ceux qui considèrent toutes les formes de renseignement - qui se concentrent sur la menace terroriste qu’avant le 11 septembre 2001. En outre, au fur et à mesure que nous renforçons nos compétences analytiques, nous consacrons aussi plus de ressources à la collecte par des agents de renseignement sur des cibles de grande importance. À titre d’illustration de cette efficacité, nous et nos partenaires avons capturé ou tué la majorité des chefs d’Al-Qaïda impliqués dans la préparation des attentats du 11 septembre et dans leur organisation.

Deuxièmement, nous savons que le renseignement n’a guère d’utilité si ceux qui en ont besoin ne le voient pas. Au cours des cinq dernières années, nous avons fait de grands progrès sur le plan de la transmission des informations. Les résultats sont manifestes.

Sans de bons renseignements dans les bonnes mains, les forces de la coalition en Irak n’auraient pas trouvé et tué Abou Moussab al-Zarkaoui, dont les attaques meurtrières ont causé la mort de tant d’Irakiens et de soldats de la coalition. Tout récemment, les services de renseignement britanniques ont agi de manière spectaculaire en permettant aux services de police britanniques de contrecarrer le mois dernier le complot portant sur des avions de ligne. Tout le mérite en revient aux Britanniques, mais l’échange de renseignements avec les États-Unis et le Pakistan - entre les services de renseignement américains et avec les Britanniques - ont facilité leurs efforts.

Ce sont là des exemples concrets de la manière dont nous avons changé et dont nous changeons nos méthodes. Nous continuons de renforcer le Centre national du contre-terrorisme, qui intègre vingt-huit réseaux de renseignement. En outre, nous avons créé au sein du FBI la direction de la sécurité nationale, ce qui a accru les capacités de cet organisme en matière de renseignement, de contre-terrorisme et de contre-espionnage. En 2005, seulement quelques centaines de fonctionnaires du FBI avaient accès aux sources d’informations confidentielles en ligne du Centre national du contre-terrorisme. Leur nombre est maintenant de plusieurs milliers. Par ailleurs, nous plaçons des centres de fusion (recueil et corrélation des informations) des États fédérés et des centres régionaux, ainsi qu’une centaine de groupes d’intervention communs du FBI contre le terrorisme, dans un réseau national destiné à garantir que les informations relatives à des menaces vont bien là où il faut, en temps opportun. Bien que l’échange d’informations entre organismes et avec nos alliés constitue une tâche difficile, il est essentiel pour faire face aux menaces transnationales.

Nous sommes aussi plus vigilants que jamais au sujet de la menace que constitueraient les armes de destruction massive entre les mains de terroristes. Nous avons mis dans les mêmes locaux le Centre national du contre-terrorisme et le nouveau Centre national de la contre-prolifération. Nous collaborons étroitement avec le FBI en vue de mettre sur pied une direction des armes de destruction massive afin de garantir que nos activités de contre-terrorisme dans notre territoire aient un volet lié aux armes de destruction massive. Enfin, nous avons créé un « Fonds d’innovation en matière d’armes de destruction massive » en vue de financer des projets relatifs à la collecte et à l’analyse de renseignements ainsi que des projets scientifiques et techniques.

Bien entendu, nous continuons d’améliorer nos efforts portant sur d’autres problèmes plus traditionnels. Nous avons renforcé l’attention que nous consacrons à la Corée du Nord et à l’Iran, en particulier aux programmes d’armes de destruction massive de ces deux pays. Le lancement récent par la Corée du Nord d’un missile de longue portée a mis à l’épreuve l’intégration des services de renseignement, et nous avons veillé à ce que les services de renseignement militaires et civils, de concert avec nos partenaires internationaux, fournissent aux dirigeants politiques les renseignements dont ils avaient besoin pour élaborer une réponse diplomatique adaptée.

C’est bien, mais nous pouvons faire encore mieux. Nous le savons parce que nous avons déjà achevé un examen des « leçons apprises » au niveau de tous les services de renseignement pour voir comment nous pouvons nous améliorer. Nous résisterons à tout sentiment d’autosatisfaction ; tout succès nous donne l’occasion de mieux nous préparer pour le prochain problème, qui ne manquera pas de surgir.

Dans les décennies qui ont précédé les attentats du 11 septembre 2001, les services de renseignement des États-Unis étaient organisés pour concentrer leur attention sur les grandes menaces provenant de la guerre froide. Nous vivons maintenant à une époque différente, face à un ensemble tout à fait différent de menaces qui franchissent nos frontières.

Tant la commission sur les attentats du 11 septembre 2001 que la commission Robb-Silberman sur les armes de destruction massive ont donné des détails sur ces nouvelles menaces d’une manière exacte et éloquente. Ces commissions ont aussi offert une conception du renseignement au XXIe siècle que nous avons tout à fait adoptée. Nous coopérons tant au niveau national qu’au niveau international en intégrant l’analyse en matière de contre-terrorisme dans tous les services de renseignement et en supprimant les obstacles d’ordre administratif à l’échange d’informations. Il s’agit là d’une tâche de grande haleine. Néanmoins, les Américains doivent comprendre que les divers services de renseignement de notre pays œuvrent de concert d’une manière qui était presque inimaginable avant le 11 septembre 2001.

Grâce à une nouvelle stratégie et à de meilleures techniques, les services de renseignement des États-Unis recueillent plus d’informations, les analysent plus rigoureusement et les partagent plus largement. Le renseignement n’est pas une panacée, mais il existe des façons de garantir que sa contribution à la sécurité nationale augmente en aidant à entraver l’action de nos adversaires avant qu’ils ne nous nuisent davantage.


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