mercredi 18 octobre 2017

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Des écoutes téléphoniques par dizaines de milliers

Nouvelobs.com

jeudi 21 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Italie. Un vaste système d’écoutes téléphoniques illégal vient d’être découvert. Des dizaines de milliers de personnes ont ainsi été fichées depuis 1997.

Un vaste système d’écoutes téléphoniques illégales vient d’être découvert en Italie. Né il y a quelques années au cœur de l’entreprise Telecom Italia, ce système s’est étendu dans de nombreux secteurs - de l’économie au sport en passant par la politique. Après l’arrestation mercredi 20 septembre, de 21 personnes dont onze policiers et carabiniers, le gouvernement de Romano Prodi est sommé de s’expliquer sur ce qui pourrait devenir la plus grosse affaire d’écoutes téléphoniques illégales jamais connue en Italie. Les individus interpellés sont soupçonnés d’avoir participé à une "association de malfaiteurs", impliquée dans un réseau d’écoutes illégales, dans le but de recueillir des informations confidentielles sur plusieurs milliers de personnes.

Des dizaines de milliers de noms

Giuliano Tavaroli, responsable à l’époque des faits des systèmes de sécurité chez Telecom Italia, et Emanuele Cipriani, responsable d’une officine de détectives privés à Florence, sont accusés d’avoir été à la tête de ces pratiques mis en place "à partir de 1997".

Les données ainsi recueillies et conservées constituaient "un instrument évident de pression, de conditionnement, de menace et également d’extorsion concentrée dans les mains d’un groupe restreint de personnes", indiquent les motivations des mandats d’arrêt. Au départ utilisé pour contrôler les employés de Telecom Italia et de Pirelli, les données collectées ont ensuite servi à toucher des hommes politiques, des hommes d’affaires, des entrepreneurs, des joueurs de football ou des personnalités du spectacle. Des dizaines de milliers de noms ont été découverts dans les ordinateurs saisis par la justice, révèle le quotidien La Repubblica.

Un "suicide présumé"

Ces révélations interviennent quelques jours après la démission du patron de Telecom Italia, Marco Tronchetti Provera, également Président de Pirelli, en délicatesse avec le gouvernement de Romano Prodi à la suite de l’annonce d’un projet visant à restructurer le groupe, privatisé en 1997. Marco Tronchetti Provera n’a pas été placé sous enquête par le parquet de Milan, même si Giuliano Tavaroli était l’un de ses plus proches collaborateurs. Cette affaire est peut-être liée à la mort suspecte d’Adamo Bove, ancien responsable des systèmes de sécurité chez Telecom Italia Mobile, retrouvé mort après être tombé d’un viaduc à Naples. Le parquet de Naples a, en tout cas, ouvert une enquête sur ce "suicide présumé".


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