vendredi 15 décembre 2017

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Villepin veut un « patriotisme économique européen »

Bruno Jeudy, le Figaro

samedi 23 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Hier à Berlin, le premier ministre a longuement défendu la fusion GDF-Suez.

HEUREUX comme Dominique de Villepin à l’étranger ! Pendant que Nicolas Sarkozy essuie à Paris la bronca des juges, le premier ministre prend de la hauteur à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel. Il a participé au 10e Forum international de la Fondation Bertelsmann. Invité à prendre la parole juste après la chancelière allemande, il a profité de la présence de nombreux homologues européens pour dévoiler les grandes lignes d’une « politique énergétique européenne » et rôder une nouvelle formule : le « patriotisme économique européen ».

En plein débat sur la fusion Suez-GDF, le premier ministre a consacré l’essentiel de son discours à « cet enjeu profondément politique ». Selon lui, l’indépendance énergétique est le « défi majeur des Européens ». « Nous sommes dépendants de l’étranger à 50% pour nos besoins énergétiques. Dans trente ans, nous le serons à hauteur de 80%. » Pour relever le défi, il a décrit la situation française et justifié le projet de rapprochement Gaz de France avec Suez. Il a rappelé que le but est de « sécuriser » les approvisionnements, « préserver » le statut des salariés et « renforcer » le poids du futur champion européen pour acheter à un meilleur coût. « Au final, c’est le consommateur qui pourra bénéficier de prix plus intéressants », a-t-il promis. Tout en ajoutant que cela « ne suffit pas ».

« L’Europe d’abord »

Villepin a appelé à une politique « énergétique européenne » qui permettrait d’assurer « notre indépendance énergétique » et une « meilleure protection des consommateurs ». Pour atteindre ces objectifs, il a lancé l’idée d’une « diplomatie énergétique européenne » afin de parler d’une « seule voix » dans les négociations avec les pays producteurs. Concrètement, il a proposé la nomination d’un « représentant spécial pour l’énergie » chargé d’organiser, l’an prochain, un sommet réunissant les Européens et les principaux voisins producteurs (Algérie, Russie, Norvège) de pétrole et de gaz.

Deux semaines après Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin a délaissé le terrain institutionnel pour occuper le champ économique et social mais aussi celui de la sécurité. L’occasion pour le « gaulliste social » d’étendre son « patriotisme économique » à l’échelle européenne. « Le patriotisme économique européen tient en deux mots : l’Europe d’abord », a-t-il clamé. Dans cette Europe « concrète », il a aussi suggéré la création d’une « police européenne des frontières » pour faire face à l’afflux d’immigrants irréguliers.

Angela Merkel et le premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui ont, eux, abordé la question institutionnelle, ont notamment rejeté l’idée d’un « minitraité » européen, défendue le 8 septembre dernier par Nicolas Sarkozy.


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