lundi 23 octobre 2017

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Premières arrestations dans l’affaire des écoutes téléphoniques italiennes

Richard Heuzé, le Figaro

samedi 23 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Leaders politiques, membres du gouvernement et banquiers étaient espionnés à des fins de chantage. Services secrets et Telecom Italia seraient mêlés au scandale.

ILS AVAIENT mis sur pied la plus importante centrale criminelle d’écoutes téléphoniques clandestines jamais découverte en Italie. Constituant, selon l’accusation, une « documentation à faire pâlir de jalousie les services secrets ». Leaders politiques, membres du gouvernement, banquiers, capitaines d’industrie, journalistes étaient espionnés. « À des fins de chantage », selon le garde des Sceaux, Clemente Mastella. Les téléphones privés étaient mis sous écoutes, les conversations à partir de téléphones cellulaires systématiquement enregistrées, les messages par Internet consciencieusement violés. L’enquête fait apparaître d’inquiétantes connexions entre Telecom Italia, le premier groupe italien de télécommunications, la franc-maçonnerie et les services secrets militaires (SISMI) dont le « numéro deux », Marco Mancini, est incarcéré pour l’enlèvement d’un fondamentaliste égyptien par la CIA à Milan en février 2003.

Un détective privé lié à la loge P2

Le parquet de Milan a ordonné l’arrestation de 21 personnes, dont Giulano Tavaroli, chef de la sécurité du groupe Telecom Italia jusqu’à mai dernier et Pierguido Iezzi, actuellement responsable de la sécurité du groupe Pirelli. Un enquêteur privé florentin ayant autrefois appartenu à la loge maçonnique secrète P2, Emanuel Cipriani, faisait office de courroie de transmission avec les services secrets. Onze carabiniers et agents de la garde des Finances ont fini derrière les verrous. Ils auraient été payés pour aider à violer les banques de données des ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Économie. Parmi leurs « victimes » figurent le leader centriste Lorenzo Cesa, désigné par le groupe sous le sigle de « Monsieur X », divers secrétaires d’État, l’ancien patron des patrons Antonio d’Amato, proche de Silvio Berlusconi, des industriels du calibre des Benetton et de Carlo De Benedetti, les frères Della Valle, titulaires de la griffe de mocassins de luxe Tod’s, l’ancien patron du groupe laitier Parmalat Calisto Tanzi, poursuivi pour corruption et des banquiers comme Cesare Geronzi, puissant président de Capitalia, ou encore Gianpiero Fiorani, sulfureux patron de la Banque populaire italienne poursuivi pour association criminelle. Le parquet a saisi plusieurs milliers de dossiers et fiches de renseignement. Des demandes de saisies de comptes bancaires ont été envoyées en Suisse et au Luxembourg. Une villa de deux millions d’euros a été mise sous scellés à Florence.


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