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Un Britannique accusé d’espionnage dément

AFP

lundi 25 septembre 2006, sélectionné par Spynews

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Un Britannique d’origine soudanaise, accusé par les autorités bahreïnies d’« espionnage », a démenti « travailler pour un service de renseignement étranger » et accusé « une organisation secrète au sein du gouvernement » d’oeuvrer contre la participation populaire à la vie politique, rapporte dimanche un journal.

« Cette organisation secrète fonctionne selon une stratégie claire visant à priver une partie essentielle de la population de ses droits », affirme Salah al-Bandar en référence aux chiites, majoritaires à Bahreïn.

« Cette organisation représente un centre de pouvoir au sein de l’État. Elle vise à empêcher les citoyens d’élire librement leurs représentants (...) et à transformer l’opposition politique en une opposition de pure forme », ajoute M. Bandar dans une interview accordée depuis Londres au quotidien indépendant Al-Wassat, dont le rédacteur en chef est Mansour Al-Jamri, un ancien porte-parole de l’opposition.

M. Bandar a rédigé un rapport de 220 pages sur cette « organisation secrète » dont il a affirme avoir remis « des copies aux ambassades britannique, américaine et allemande ».

Une partie de ce rapport « accuse un responsable au gouvernement d’avoir versé des pots-de-vin à des journalistes, des membres du Conseil consultatif et d’associations politiques pour influer sur les résultats des élections et écarter l’opposition ».

Dans une première réaction gouvernementale sur cette affaire, le ministre d’État aux Affaires du Conseil des ministres, cheikh Ahmad Ben Attiyatallah Al-Khalifa, chef de l’office central des statistiques, a indiqué que « Bandar avait été licencié pour sa tentative d’infiltrer une base de données gouvernementale ».

Dans un communiqué publié à Manama et dont l’AFP a obtenu une copie, cheikh Ahmad, mis en cause dans le rapport de Bandar comme étant le dirigeant d’une « organisation secrète », a ajouté que ce rapport était « une opération montée de toutes pièces pour nuire à l’unité nationale, jeter le doute sur les élections et sur certaines personnalités politiques (...) et organisations de la société civile ».

« Il (Bandar) a subtilisé des chèques émis, pour des transactions commerciales, au nom de personnes avec lesquelles je suis lié, hors de ma mission officielle, dans des projets à l’intérieur et à l’extérieur de Bahreïn (...) pour les citer dans un scénario étrange » sur une organisation secrète, dénonce cheikh Ahmad, membre de la famille régnante à Bahreïn.

Bandar, marié à une activiste politique bahreïnie, avait été expulsé du pays après avoir été accusé par les autorités de « travailler pour le compte d’un service de renseignement étranger ».

Il était employé comme « conseiller chargé de la sécurité stratégique » auprès du gouvernement et touchait, selon lui, un salaire mensuel de « 6 000 dinars (environ 16 000 dollars).

Le procureur général de Bahreïn l’a accusé mercredi d’avoir commis « plusieurs irrégularités et crimes préjudiciables aux intérêts de Bahreïn et de son peuple ».

« Les investigations ont montré que Bandar fournissait des informations erronées sur le peuple bahreïni dans le but de provoquer la sédition à Bahreïn et d’en profiter personnellement sur le plan matériel », avait indiqué dans un communiqué le procureur général, sans préciser à qui l’accusé fournissait ces informations.

Selon le procureur, les autorités « ont saisi un chèque d’un million de dinars (environ 2,6 millions de dollars) au domicile de Bandar qui a ouvert plusieurs comptes bancaires à l’intérieur du royaume » de Bahreïn.


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