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L’armée américaine construit une prison de haute sécurité à Guantanamo

Andrew Selsky, AP

lundi 25 septembre 2006, sélectionné par Spynews

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L’armée américaine a décidé de renforcer la sécurité du nouveau "camp 6" de la base militaire de Guantanamo à Cuba, qui doit ouvrir dans les prochains jours, pour endiguer les agressions de surveillants et l’apparition de groupes organisés des prisonniers violents, a-t-on appris des responsables du camp. Malgré les critiques et les demandes de fermeture du centre par des experts de l’ONU, les commandants du camp affirment qu’ils n’ont pas d’autre choix que de renforcer les conditions de détention des quelque 460 détenus, que les Etats-Unis qualifient de "combattants ennemis".

Du coup, le "camp 6", qui devait être un centre de détention de moyenne sécurité, a été modifié et sera finalement un centre de sécurité maximale qui accueillera 220 prisonniers à partir de la mi-octobre. La nouvelle prison, qui a été construite sur un plateau couvert de cactus, devrait être terminée le 30 septembre. Sa construction aura coûté 37,8 millions de dollars (29,5 millions d’euros).

"Ce qu’il nous faut reconnaître, c’est que ces détenus -ces terroristes- sont toujours en guerre", a affirmé vendredi le général Edward Leacock, commandant adjoint du camp. "Ils ne sont plus sur le théâtre d’opération (...) mais ils continuent le combat encore aujourd’hui."

D’après lui, les détenus ont établi entre eux une hiérarchie entre "les militaires, les religieux (...), les gros bras, et ils ont tous un rôle au sein" des différentes unités de Guantanamo. "Nos efforts tendent à les empêcher d’élaborer des plans qui provoqueraient (...) des troubles."

Sans identifier les meneurs, le général a assuré que des mesures de sécurité renforcées étaient entrées en vigueur avant l’arrivée à Guantanamo de 14 détenus importants jusque là interrogés par la CIA, dont le cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001 Khalid Cheikh Mohammed. Le "conseil" de six prisonniers chargés d’apaiser les conflits a été dissous, a-t-il précisé. Ils étaient soupçonnés de coordonner la résistance au sein du camp.

L’armée affirme que, entre juillet 2005 et août 2006, 432 jets d’excréments sur les gardiens ont été répertoriés, ainsi que 227 agressions physiques et 99 cas d’incitation à des troubles ou des émeutes. Le camp 1 a dû récemment être vidé pour remplacer les robinets des cellules, que les détenus avaient démontés pour en extraire des ressorts, transformés en armes.

En mai, des détenus ont attiré des surveillants dans une cellule du camp 4 en simulant une tentative de suicide avant de les attaquer avec des pales de ventilateur et des débris de tubes fluorescents. Les avocats de la défense affirment que cet incident a été provoqué par la volonté des gardiens d’examiner les corans des détenus.

La construction de cette nouvelle prison montre combien le camp se projette dans la durée, alors même que les Etats-Unis affirment vouloir remettre 130 prisonniers à leur pays d’origine. "Ce que nous avons, c’est une orange", commente le capitaine de la Marine Phil Waddingham, chargé des "combattants ennemis", "nous la pressons pour en faire sortir le jus et à la fin, ce qui restera sera la pulpe qui devra rester ici." "Nous avons ici des hommes dangereux qui ne doivent pas être autorisés à retourner sur le champ de bataille". Des défenseurs des droits de l’Homme dénoncent les conditions de détention sur Guantanamo, où les prisonniers seraient parfois placés à l’isolement pendant des mois. Ils affirment que certains, arrêtés en Afghanistan ou ailleurs, n’ont jamais eu l’intention de s’en prendre aux Etats-Unis.


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