mercredi 18 octobre 2017

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Des terminaux réservés pour tous les vols à risque

Jean-Marc Leclerc, le Figaro

mardi 26 septembre 2006, sélectionné par Spynews

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Le ministère de l’Intérieur prépare une réorganisation du trafic dans les aérogares. Bruxelles s’apprête aussi à limiter les bagages en cabine.

(AFP/S. Khan).

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Face à la menace terroriste, les règles de sûreté dans les aéroports vont être durcies. Hier, le commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot, et le ministre des Transports, Dominique Perben, ont annoncé que de nouvelles mesures sur la limitation des fluides et liquides en cabine, la taille autorisée des bagages et leur taux de fouille allaient prochainement entrer en vigueur dans toute l’UE. La France a déjà pris une longeur d’avance dans ces domaines, surtout depuis les menaces d’attentats de Londres l’été dernier. Parallèlement, le ministère de l’Intérieur, maître d’oeuvre de la sûreté aérienne en France, a concocté un plan de réorganisation des contrôles dans les aérogares dont Le Figaro révèle les grandes lignes.

UNE MISSION mixte de l’Inspection générale de l’administration et de l’Inspection générale des armées, travaillant sous le sceau du « confidentiel défense », s’est rendue en Allemagne, il y a quelques jours, pour étudier les aéroports de Stuttgart et de Berlin, considérés comme des modèles par les autorités françaises.

Les inspecteurs doivent rendre leur rapport avant la fin du mois. L’objectif notamment est de parvenir à la mise en place de terminaux dédiés aux destinations à risques (États-Unis, Israël, Algérie, etc.) pour renforcer la sûreté de ces vols. Aéroports de Paris (ADP) affirmait toutefois, hier, n’avoir « aucune information » à ce sujet.

Air France, quoi qu’il en soit, a déjà fait le premier pas en concentrant depuis le 31 août sur le terminal 2E de Roissy la quasi-totalité de ses vols vers les États-Unis. Tout comme les compagnies « soeurs » Delta et Continental. Mais les pouvoirs publics veulent aller plus loin. Un spécialiste du dossier à l’Intérieur explique : « Aujourd’hui, les passagers, contrôlés une première fois, se retrouvent tous en zone de détaxe, quelle que soit leur destination, avant de montrer à nouveau patte blanche à l’embarquement. » Résultat : rien n’empêche un passager d’un vol « tranquille », forcément soumis à des contrôles moins draconiens, de transmettre en zone internationale des composants d’une bombe ou d’une arme à un complice d’un vol sensible. L’expérience du 2E doit donc toucher d’autres compagnies.

Jusqu’à soixante données personnelles

La police aux frontières aussi est en pleine réforme. Sans bruit, elle a déjà recruté près de 800 agents supplémentaires depuis 2002, uniquement à Roissy. Et le renforcement des effectifs va se poursuivre. Ses agents recevront bientôt de nouvelles consignes de fouille des bagages à main en cabine. Car le taux de 50% théoriquement imposé n’est pas réaliste. En complément d’une liste révisée des objets interdits dans les avions (lire ci-contre), les agents des postes d’inspection-filtrage appliqueront un taux de fouille calqué sur les dif férents niveaux du plan Vigipirate. Le matériel de détection de bagages en soute sera aussi modernisé avant le 1er janvier 2009.

Reste la loi antiterroriste du 23 janvier 2006. Jusqu’alors encore un peu abstraite, elle va maintenant s’inscrire dans les faits. Un décret doit notamment être adopté en Conseil d’État avant la fin de l’année. Il autorisera la police, la gendarmerie et les douanes, à récupérer neuf données relatives au trajet des passagers collectées à l’enregistrement. Cette expérience de deux ans portera d’abord sur les personnes à destination ou en provenance de l’Afghanistan, du Pakistan, de l’Iran, de la Syrie et du Yémen. Puis la palette des pays concernés sera élargie.

Au-delà, il est prévu que les données collectées à la réservation soient transmises aux autorités de police jusqu’à une année avant la date du vol ! Il s’agit, pour les vols « à risque », d’informations aussi variées que le moyen de paiement du billet, l’adresse de facturation, les numéros de téléphone et adresses électroniques des passagers, le lieu de réservation et le nom de l’agent de voyage. Ce futur dispositif a pour base un accord négocié entre les États-Unis et l’Union européenne. Dénoncé le 30 mai dernier par la Cour de justice des Communautés, ce texte sera remplacé par un autre dans le cadre d’un nouvel accord qui doit être conclu avant le 30 septembre prochain. « Sans quoi des vols ne pourront plus avoir lieu dans les semaines d’octobre », reconnaissait hier, Jacques Barrot, très embarrassé. Il qualifiait même la situation d’« invraisemblable ».

Soumis à la pression américaine, les transporteurs aériens desservant les États-Unis transmettent déjà aux autorités outre-Atlantique 34 données sur chacun de leurs passagers. Et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) parle d’une possibilité d’extraire à terme jusqu’à 60 données personnelles par dossier de réservation.

« Nous cherchons des réponses proportionnées et équilibrées qui concilient les problèmes de sûreté avec le bon fonctionnement du transport aérien », affirmait hier Jacques Barrot. Selon l’Intérieur, la modification des règles de transport des articles de duty free en cabine a dû être aménagée afin de ne pas compromettre 18 000 emplois dans les aéroports parisiens.


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