dimanche 22 octobre 2017

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Le « poilu » François Jaffré est mort

AncienCombattant.com

mardi 26 septembre 2006, sélectionné par Spynews

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Il avait été le « poilu oublié ». Ce n’est qu’à l’automne 2005 que l’Office national des Anciens combattants (ONAC) s’est souvenu que François Jaffré, né le 28 mai 1901 à Inguinel dans le Morbihan, avait bien participé à la Première Guerre mondiale. Titulaire de la carte du combattant dès 1933, l’ONAC avait perdu sa trace lors d’un déménagement il y a dix ans. Un après sa décoration de la légion d’honneur, remise par Edouard Balladur, député du XVe arrondissement où il habitait jusqu’alors. C’est l’action menée par un membre du Souvenir Français de Viroflay, Michel Tenette, qui a permis de le recenser parmi les ultimes survivants de la Grande Guerre. François Jaffré coulait des jours paisibles dans une maison de retraite de cette ville des Yvelines, loin de sa Bretagne natale. « Benjamin » des sept poilus encore en vie, il s’est éteint vendredi 22 septembre en fin d’après-midi. Les « poilus », nom générique donné à tous les combattants français de 1914-1918, ne sont désormais plus que cinq.

François Jaffré n’a que 15 ans et demi lorsqu’il rejoint l’école des mousses, à Brest. Nous sommes le 4 octobre 1916 et l’issue de la guerre est plus que jamais indécise. Ni les Allemands à Verdun, ni les franco-britanniques dans la Somme n’ont pu emporter un succès déterminant. A la fin de sa formation, il signe pour dix ans dans la Marine en septembre 1917. Après quelques mois sur un « navire-école », le jeune marin est affecté à New-Yortk. A bord d’un contre-torpilleur, il encadre les bâtiments de transports de troupes américains dès janvier 1918. Rien à voir avec la boue des tranchées, mais les navires subissent le harcèlement des sous-marins allemands et François Jaffré n’a pas encore 17 ans !

En avril 1918, il rejoint Alger avant de terminer la guerre sur un cuirassé. Sa vie d’adulte peut commencer : d’abord comptable, il devient, à partir de 1929, inspecteur de police judiciaire au quai des Orfèvres à Paris. Cette fonction dans la police le mènera même en prison en 1941, sous le gouvernement de Vichy. François Jaffré avait « caché des armes pour la Résistance », comme l’expliquait sa fille dans le Télégramme de Brest (5/4/2006). « Dès 1945, grâce à son expérience militaire de radio-com et de décryptage de messages, il est affecté au service du chiffre au Mont Valérien puis, plus tard, au contre-espionnage, la « Piscine » du SDECE (actuelle DGSE) de la Porte des Lilas », écrit Michel Tenette sur son site Mémoire 78. Infatigable, François Jaffré reprendra à sa retraite du service dans la comptabilité, jusqu’à l’âge de 71 ans. Il n’oublia jamais les cérémonies du 11 novembre auxquelles il participa à plus de 100 ans. Aujourd’hui, le doyen des Poilus, Maurice Floquet ; est âgé de 111 ans.


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