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Avec Syracuse 3, la France va renforcer ses communications militaires

AFP

mercredi 16 mars 2005, sélectionné par Spyworld

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BRUZ (Ille et Vilaine), (AFP) - La France s’apprête à renforcer son dispositif de communications militaires avec le lancement prochain du satellite Syracuse III, qui viendra en complément du système d’observation satellitaire Hélios.

Le satellite de communications militaires Syracuse 3A sera lancé "dans la deuxième quinzaine de mai", a annoncé mercredi Caroline Laurent, directrice du programme Syracuse à la Délégation générale pour l’armement (DGA) lors d’une visite de presse au Centre électronique de l’armement (CELAR) à Bruz (Ille et Vilaine).

Initialement prévu en décembre 2004, ce lancement, qui sera assuré par une fusée Ariane 5 à partir du centre spatial guyanais de Kourou, a pris du retard en raison de "problèmes de technologie", a-t-elle indiqué. Ce satellite finit actuellement ses tests à Cannes sur le site industriel de son constructeur Alcatel Space. "On préfère perdre du temps plutôt que de prendre le risque de perdre le satellite", a-t-elle ajouté.

Le coût de réalisation du programme Syracuse 3 est de 2,3 milliards d’euros sur quinze ans, a également précisé Mme Laurent. Un chiffre qui inclut la mise en orbite de deux satellites, Syracuse 3A (en mai 2005) et Syracuse 3B (en et quelque 540 stations de réception au sol, construites par le groupe d’électronique de défense Thales, a-t-elle également indiqué.

L’engagement de la France dans des opérations extérieures ne peut plus se concevoir sans le recours à des moyens de communication par satellite permettant des transmissions fiables, dans des zones parfois difficiles d’accès et pour des utilisaeurs isolés, souligne-t-on à la DGA.

Le système Syracuse qui répond à ce besoin a été mis en place à partir de 1985 et plusieurs versions ont été développées.

Mais avec Syracuse 3, pour la première fois, le système sera réservé à l’usage exclusif des militaires.

Sur les précédentes versions, Syracuse 1 et Syracuse 2, l’armée devait partager l’utilisation des satellites avec France Telecom.

Syracuse 1 est arrivé à son terme de vie normal en 1994 et Syracuse 2, basé sur une constellation de 4 satellites Telecom 2, est toujours opérationnel.

Le nouveau système sera ainsi plus disponible puisque ses utilisateurs n’auront plus besoin de passer par un opérateur civil, mais il offrira également "beaucoup plus de capacités et de puissance", a souligné la directrice du programme.

En outre, Syracuse 3, un satellite bourré d’électronique, permettra d’assurer à ses utilisateurs une discrétion inégalée de communications. Il sera également particulièrement bien protégé contre toute tentative de brouillage.

"Personne ne pourra nous prendre le satellite, impossible de le faire changer de camp", a-t-elle assuré.

Pour autant, la France est prête à en ouvrir l’utilisation à ses alliés. "Syracuse 3 est un programme qui a été développé en national mais son utilisation sera possible en coopération européenne et avec l’OTAN", a indiqué Mme Laurent.

Des capacités de communications satellitaires sur Syracuse 3 vont ainsi être louées à l’Allemagne et à l’OTAN, a-t-elle précisé en soulignant cependant qu’il ne s’agissait pas d’essayer d’amortir ainsi les coûts du programme.

Syracuse 3 vient compléter la chaine de l’information et du renseignement pour les forces armées qui disposent par ailleurs du système d’observation satellitaire Hélios.

La dernière version de ce satellite espion, Hélios 2A dotée de capacités de vision nocturne grâce à l’infrarouge, a été lancée le 18 décembre.


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