mardi 21 novembre 2017

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Un puissant logiciel d’analyse des crimes et délits mis au point Quai des Orfèvres

C. C., le Figaro

mardi 26 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Pour faciliter les recoupements entre dossiers criminels, la PJ parisienne a conçu la cellule Corail, à laquelle les 2 200 enquêteurs ont désormais accès par intranet.

NICOLAS SARKOZY a effectué hier sa première visite à la police judiciaire depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur. Après avoir passé en revue les services de la direction centrale à Nanterre (Hauts-de-Seine), il s’est rendu au mythique 36, quai des Orfèvres, sur l’île de la Cité, pour se faire expliquer le fonctionnement de « Corail », la nouvelle cellule de recoupement informatique des crimes et délits commis dans Paris et sa proche banlieue.

Jusqu’à aujourd’hui, les agressions sexuelles en série, braquages, vols avec violences ou séquestrations qui présentaient des traits communs étaient triés et compilés par deux officiers d’état-major de la PJ parisienne. « Des tonnes de papiers s’entassaient sur les bureaux, explique un commandant. Et nous passions des matinées entières à rechercher des affaires classées dans des enfilades de dossiers suspendus. Avec 6 000 saisines chaque année, cela devenait fastidieux... »

« Les recoupements se faisaient de façon fortuites »

La PJ parisienne a donc conçu un nouvel outil d’analyse. Imaginé par des policiers de terrain issus de brigades centrales et de services territoriaux, le moteur de recherche de Corail brasse chaque jour des centaines de télégrammes et croise automatiquement des dossiers criminels. « Dans le temps, seuls les chefs de groupe pouvaient consulter les fichiers et les recoupements se faisaient parfois de façon fortuite », confie un officier.

Au terme de quelques mois de rodage, Corail a déjà produit 120 synthèses qui, pour la première fois, ont été mises en ligne sur l’intranet de la PJ parisienne. « En tapant un code d’accès confidentiel, chacun des 2 200 fonctionnaires de la PJ parisienne peut dorénavant consulter et alimenter en temps réel les affaires les plus complexes, explique-t-on à la direction. Bien sûr, nous ne prenons en compte que les cas les plus graves, laissant de côté les vols à la roulotte ou ceux de téléphones mobiles. »

Au gré des faits constatés, les dossiers du « violeur aux brindilles », du « violeur scatophage », de « l’étudiant italien » ou des « perceurs des bars-tabac » se sont ainsi enrichis d’indices jusqu’à leur élucidation. « Pour une agression, nous avons de l’ADN ou une empreinte, dans une autre affaire un témoignage permet d’établir un portrait-robot, confie-t-on au siège de la PJ. En croisant des informations venant de toute part, le profil d’un suspect se précise et une cartographie des faits qu’il a commis se dessine jusqu’à sa localisation. » Selon une première estimation policière, le logiciel Corail permet d’atteindre des taux d’élucidation proches de 50%, sachant qu’en moyenne seule une affaire sur trois est résolue par des méthodes policières plus classiques. Un taux relativement faible qui s’explique par la complexité des affaires confiées au Quai des Orfèvres. Jusqu’alors, l’absence d’un outil de synthèse comme Corail rendait difficile d’imputer d’autres faits similaires à un suspect en garde à vue.


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