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Compétitivité : la France recule

Nouvelobs.com

mercredi 27 septembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Le recul de la France de la 12ème à la 18ème place s’expliquerait par ses déficits, les rigidités du marché du travail et de son système éducatif.

La France a perdu en 2006 six places au classement de la compétitivité publié mardi 26 septembre par le Forum économique mondial, et se retrouve au 18e rang, pénalisée par ses déficits et les rigidités du marché du travail et de son système éducatif. Parmi les neuf grands critères étudiés, la France "fait fort piètre figure" sur celui de la flexibilité et de l’efficacité du marché du travail, pour lequel les patrons interrogés le classent au 99e rang des 125 pays étudiés. Cette contre-performance "pourrait en fait refléter en partie la déception des entreprises quant à la manière dont a été gérée" l’initiative du Contrat de première embauche (CPE) au printemps dernier, supposent les auteurs de l’étude, qui soulignent que le taux de chômage reste supérieur à la moyenne européenne.

27ème pour le critère de la corruption

A sept mois de l’élection présidentielle, les auteurs du classement estiment que "rien ne s’oppose à ce que la France accède aux dix premières places à plus ou moins brève échéance", à condition d’engager "des réformes politiques".

En ce qui concerne la "gestion macro-économique", Paris remonte de la 61e à la 56e place, grâce à une baisse du déficit public et "le gouvernement paraît sur la bonne voie", notent les organisateurs du Forum de Davos. Mais le pays n’est que 40e pour la gestion des dépenses publiques et les indicateurs de bureaucratie sont "médiocres". La France est 27e pour le critère de la corruption, loin derrière les pays d’Europe du Nord.

Un tableau préoccupant de l’état du système éducatif

Les auteurs du rapport dressent un tableau préoccupant de l’état du système éducatif en remarquant que les taux d’accès à l’enseignement supérieur sont bas au regard des normes internationales avec un taux de 56%, loin derrière la Finlande ou les Etats-Unis. Ils soulèvent aussi "le problème de l’accès équitable aux plus hauts niveaux du système éducatif français pour les minorités". Remarquant que la dépense publique par étudiant par rapport au PIB par habitant s’élève à 29% en France contre 74% au Danemark, le Forum "se pose des questions à propos de l’adéquation du financement de l’enseignement supérieur".

"Pas dramatique" pour Lagarde

Le recul de la France de la 12ème à la 18ème place du classement de la compétitivité du Forum économique mondial de Davos n’est "pas dramatique", a estimé mardi la ministre déléguée au Commerce extérieur Christine Lagarde sur BFM. "On perd en tout et pour tout huit centièmes de point de compétitivité sur une échelle de un à sept", a déclaré la ministre, interrogée depuis la Russie où elle est actuellement en déplacement. "Donc cela ne me paraît pas dramatique, cela ne me paraît pas symboliser la dégringolade ou la chute catastrophique", a-t-elle ajouté.

L’effet CPE ?

Pour Christine Lagarde, le recul de la France -placée derrière la Suisse (1er), l’Allemagne (8ème) ou l’Islande (14ème)- s’explique notamment parce que "le Worl Economic Forum a fait son enquête au moment de la crise du CPE", le contrat première embauche. Donc "je ne suis pas tout à fait étonnée que l’on ait fait un petit peu moins bien que l’année dernière, parce que pour apprécier la compétitivité de la France, avoir en arrière-fond la contestation sur le CPE cela ne prédisposait sans doute pas à un naturel optimiste des cadres qui ont été interrogés", a-t-elle jugé. Il faut s’en tenir à "la réalité des faits", a estimé la ministre. "Ce n’est quand même pas un hasard si on est régulièrement quatrième pays d’accueil au monde pour les investissements directs étrangers", a-t-elle conclu.


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