mercredi 13 décembre 2017

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La chronique : Seul au monde

par Yahia Bounouar

jeudi 28 septembre 2006, sélectionné par Spynews

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Hormis les Américains, une partie d’entre eux tout au moins, tous sur cette planète connaissent les dégâts de la guerre en Irak. Même les gamins, de Londres, de Kuala Lampur en passant par Dakar, savent que l’invasion de l’Irak a rendu le monde moins sûr et augmenté sérieusement les risques terroristes.

En Amérique, il a fallu que 16 agences de renseignements élaborent ensemble, de manière consensuelle, un rapport pour conclure « que le conflit irakien est devenu une « cause célèbre pour les djihadistes » et « le djihad en Irak façonne une nouvelle génération de dirigeants et d’agents terroristes ».

Ouf ! Si une ou deux agences de renseignements n’était pas d’accord avec le gamin de Dakar, les Américains n’en sauraient toujours rien. Ils continueraient à croire, naïvement pour les uns, cyniquement pour beaucoup d’autres, leur président qui, seul au monde, répète à chaque intervention que le monde est plus sûr.

Piquant une colère contre les fuites dans la presse, Georges Bush décide de publier d’autres passages du fameux rapport qu’il trouve plus à son avantage. Il y est dit « qu’un retrait prématuré de l’Irak reviendrait à offrir la victoires aux terroristes.

Cela inspirerait plus de combattants à poursuivre la lutte ailleurs ». Les services de renseignements estiment qu’a contrario, « si les djihadistes avaient l’impression et donnaient l’impression, en quittant l’Irak, d’avoir échoué, moins de combattants seront tentés de poursuivre la lutte ».

Décidément, les agences américaines ressemblent beaucoup à leur président. Quel crédit leur accorder alors qu’elles ne cherchent plus dans le sable irakien les fameuses armes de destruction massive. Les hommes qui résistent aujourd’hui aux Américains en Irak, pour leur immense majorité, ne quitteront pas l’Irak.

Et pour cause : ce sont les enfants de Baghdad, Falluja, Ramadi, Samara, Mossoul... Et depuis quand un maintien des troupes d’occupation serait synonyme de victoire ? Washington n’a qu’à regarder du côté de la Palestine. Cela fait soixante ans et pas une victoire militaire importante, et pourtant la résistance se poursuit.

Et puis, il y a l’Afghanistan. Il serait intéressant de lire les rapports des services de renseignements russes sur la situation en Afghanistan il y a une vingtaine d’années. Ce qui est certain, c’est que l’ex-Union soviétique ne s’en est jamais remise.

L’Afghanistan a été le début de la fin de l’empire soviétique. Au fait, les Américains sont également engagés en Afghanistan. Alors, à quand un rapport de ces 16 agences sur l’Afghanistan ? Y. B.


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