mercredi 13 décembre 2017

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Moscou place ses troupes en alerte maximale

Nouvelobs.com, avec AP

dimanche 1er octobre 2006, sélectionné par Spynews

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Moscou, en plus de suspendre le retrait de ses bases en Géorgie, leur a donnée l’ordre de tirer pour tuer afin de se défendre.

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Des officiers de police géorgiens devant le quartier général de l’Armée russe à Tbilissi vendredi (AP)

Les forces russes stationnées en Géorgie ont été placées en état d’alerte maximale, avec ordre de tirer pour tuer afin de défendre leurs bases, a annoncé dimanche 1er octobre leur commandant, le général Andreï Popov. Moscou compte quelque 2.500 soldats de maintien de la paix dans ces deux provinces séparatistes, ainsi que de 3.000 à 4.000 hommes dans deux bases militaires que la Russie devait évacuer d’ici la fin 2008, en vertu d’un accord passé avec Tbilissi l’année dernière. Mais, du fait de l’arrestation des officiers russes, l’armée a gelé son plan de retrait. Ce qu’a confirmé le général Andreï Popov : "Si la situation continue de s’aggraver, nous serions incapables de retirer armes et équipement. Nous sommes prêts à déjouer toutes les éventuelles tentatives d’entrée dans nos bases, par tous les moyens, y compris d’ouvrir le feu pour tuer".

"Des méthodes stalinienne"

Le président Vladimir Poutine s’est exprimé sur cette crise pour la première fois, affirmant que les autorités géorgiennes avaient été incitées à agir par des agents de l’étranger non-identifiés, et comparant les arrestations d’officiers russes "aux méthodes utilisées sous l’ère stalinienne".

"Ils veulent faire le plus de mal possible à la Russie et la provoquer. Ces gens pensent que sous le toit de leurs sponsors étrangers ils peuvent être confortables et en sécurité..." Samedi 30 septembre, le chef de la diplomatie européenne Javier Solana s’est entretenu avec le président géorgien, le mettant en garde contre le risque de l’escalade et l’appelant à "trouver rapidement une solution à la querelle avec Moscou".

Evacuation du personnel diplomatique

Les diplomates russes présents à Tbilissi ont fait savoir vendredi 29 septembre que Moscou allait commencer dans la journée l’évacuation de son personnel diplomatique de Géorgie. Les relations entre les deux pays connaissent se sont brusquement dégradées, Tbilissi accusant Moscou d’espionnage militaire après l’arrestation de quatre agents du renseignement militaire. La tension est même montée d’un cran vendredi, un tribunal de Tbilissi ayant ordonné le placement en détention provisoire pour deux mois de deux des quatre officiers russes accusés d’espionnage militaire. Le tribunal de Tbilissi devait se prononcer sur les deux autres militaires en fin de journée, a précisé un porte-parole de la cour, Ilya Gergedava. Un cinquième officier a été libéré vendredi. Le secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer a lancé, en accord avec tous les alliés, "un appel aux deux parties à la modération et à la désescalade", a-t-il dit à la presse, à l’issue d’un conseil Otan-Russie auquel assistaient en Slovénie les ministres de la Défense de l’Alliance et leur collègue russe Sergueï Ivanov.

Evacuation

Selon l’ambassade russe, une centaine de personnes seront évacuées dans la journée à bord de deux avions. La Russie envoie cinq avions pour l’évacuation, ont affirmé les autorités géorgiennes se basant sur les demandes de plans de vol. Cet ordre d’évacuation du personnel de l’ambassade russe est la deuxième conséquence directe du différend qui oppose Moscou et Tbilissi, au lendemain du rappel en Russie de l’ambassadeur.

Liens avec l’OTAN

La Russie a averti la Géorgie qu’elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour faire libérer ses agents arrêtés. Ces espions présumés ainsi qu’une dizaine de Géorgiens, également arrêtés mercredi à Tbilissi, sont accusés par la Géorgie d’avoir voulu commettre "une grave provocation" dans l’ex-République soviétique. L’ambassade de Russie à Tbilissi a annoncé qu’elle avait eu accès aux quatre agents russes détenus et qu’ils étaient bien traités, mais que les autorités géorgiennes n’avaient fourni aucune preuve de leur culpabilité. Selon le ministre géorgien de l’Intérieur Vano Merabichvili, les agents du GRU et leurs complices locaux recueillaient des informations sur les liens entre Tbilissi et l’Otan, sur les infrastructures du pays, sur les partis d’opposition et sur l’armée.

Provocations "inacceptables et dangereuses"

La Russie a qualifié les arrestations de quatre officiers russes et d’autres actions de la Georgie de provocations "inacceptables et dangereuses" lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU et a demandé à ses membres de presser la Georgie de modérer ses actions qui pourraient menacer la paix dans la région. La Russie avait demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité après que les autorités géorgiennes eurent arrêté quatre officiers russes accusés d’espionnage. L’ambassadeur russe Vitaly Churkin a estimé que ces arrestations n’étaient que le point culminant des "provocations sérieuses qui dont se sont rendues coupables dernièrement les autorités géorgiennes". Au cours de la réunion, Vitaly Churkin a annoncé qu’il attendait un rapport du secrétariat général de l’ONU sur la situation en Georgie. Il a ajouté que la Russie avait fait circuler un projet de résolution qui souligne l’importance d’un règlement pacifique du conflit autour de la province séparatiste d’Abkhazie, située dans le nord-ouest de la Georgie

"Libération immédiate exigée"

"Nous exigeons la libération immédiate de nos ressortissants et nous l’obtiendrons par tous les moyens dont nous disposons", a affirmé le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en dénonçant ce "dernier exemple en date" d’une attitude hostile à la Russie de la part de la Géorgie. Des dizaines de policiers géorgiens encerclent depuis mercredi le QG des forces russes à Tbilissi, où se cacherait un autre agent secret russe. Moscou a ordonné l’évacuation d’une partie du personnel de son ambassade et déconseillé à ses ressortissants de se rendre en Géorgie au vu "de la menace croissante en matière de sécurité. Le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, a pour sa part parlé d’"affront" et promis une réaction "appropriée" de Moscou à ce qu’il a présenté comme de fausses accusations. L’armée russe dispose encore en Géorgie de deux bases militaires mais elle doivent être évacuées en 2008 à la demande des autorités de Tbilissi, qui souhaitent adhérer à l’Otan, à la fureur de l’ex-"grand frère" russe.

Relation tendue

Cette affaire d’espionnage présumé, qui intervient dans un contexte de rumeurs de tentatives russes pour renverser le régime de Mikhaïl Saakachvili, porte à leur plus bas les relations difficiles entre les deux anciens pays frères. Vendredi dernier encore, de la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le président géorgien avait accusé la Russie de chercher à annexer des régions de son pays actuellement en proie à des rébellions séparatistes. Il s’agit de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, où les séparatistes pro-russes jouissent du "soutien moral" de Moscou, qui s’abstient néanmoins d’encourager ouvertement leur sécession. Pour Ivanov, les derniers agissements de Tbilissi, "commis avec l’hystérie dont la direction géorgienne est coutumière, visent de manière flagrante à pousser la Fédération russe à réagir de façon inappropriée". L’ambassade de Russie à Tbilissi avait déjà annoncé que la délivrance des visas aux Géorgiens souhaitant se rendre en Russie avait été suspendu jusqu’à nouvel ordre. (Avec AP)


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