mercredi 13 décembre 2017

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Thomson va faire "un état des lieux technologique"

William Emmanuel, Reuters

mercredi 15 septembre 2004, sélectionné par Spyworld

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PARIS (Reuters) - Thomson a fait approuver par ses actionnaires un nouveau "plan stratégique" et a annoncé un prochain "état des lieux technologique" destiné à faire le point sur le profil du groupe après les changements opérés ces dernières années.

"Cette analyse doit être faite", a dit Frank Dangeard, président du conseil d’administration qui va aussi récupérer les fonctions de directeur général assumées par Charles Dehelly.

Il a précisé que cette mission pourrait être menée par Didier Lombard, administrateur, et qu’un plan d’action avec une nouvelle organisation devrait être publié à la mi-novembre.

L’assemblée générale a adopté à 82,43% une résolution prévoyant l’émission de 500 millions de dollars d’obligations convertibles au bénéfice de Silver Lake Partners, qui détiendra à terme 7,5% du capital du groupe français spécialisé dans les technologies destinées à l’industrie du cinéma et de la vidéo.

David Roux, directeur général du fonds d’investissement américain, a été élu administrateur. Il s’est dit confiant dans la capacité de rebond de Thomson, qui accuse une baisse de 6% depuis le début de l’année à la Bourse de Paris. "Nous avons investi parce que nous pensons que nous pouvons gagner beaucoup d’argent", a-t-il dit à Reuters en marge de la réunion.

Il n’a pas voulu donner son horizon d’investissement en soulignant que son fonds était "un actionnaire de long terme".

Une résolution sur l’attribution de bons d’acquisition ou de souscription d’actions (Basa) au profit des actionnaires "fidèles" ayant acquis leurs titres avant le 30 juin 2002 n’a recueilli que 73,29% des voix, les actionnaires individuels ayant le plus grand mal à en comprendre le mécanisme.

VENDRE LA STRATEGIE AUX INVESTISSEURS

Les autres mesures du plan stratégique, en particulier le rachat d’actions jusqu’à 400 millions d’euros et un plan de stock-options représentant jusqu’à 3% du capital, n’ont pas fait l’objet d’un vote, le groupe disposant déjà des autorisations.

Frank Dangeard a justifié la décision de confier les fonctions de président et de directeur général à une seule personne. Ce choix a suscité des interrogations car Thomson avait justifié la séparation il y a deux ans par la nécessité de respecter les nouvelles règles de gouvernement d’entreprise.

Pour Frank Dangeard, ce n’est "pas une question de religion" et il veut être pratique. "La volonté de réaffirmation de la stratégie nécessitait cette réunification", a-t-il dit.

Les spécialistes du secteur estiment que le nouveau P-DG a pour principale mission de "vendre" aux investisseurs la stratégie d’un groupe difficilement identifiable après de nombreuses restructurations. Ancien numéro quatre mondial de l’électronique grand public, Thomson a transféré son activité de téléviseurs à une co-entreprise pilotée par le chinois TCL.

Thomson se présente désormais comme "leader dans les solutions technologiques et les services pour les groupes de création audiovisuelle et de médias". Le groupe, qui a notamment racheté Technicolor début 2001, réalise les deux-tiers de son chiffre d’affaires dans ce segment, le solde provenant de l’électronique grand public et des solutions pour réseau.

Mais la difficulté à appréhender le groupe et les pertes ont pesé sur le titre qui a accusé une baisse de 20% entre l’été 2002 et juin 2004. "Le groupe Thomson a eu une performance plutôt décevante (...) malgré l’amélioration des fondamentaux", a dit Frank Dangeard. Il a reconnu que "le positionnement du groupe continuait à être un point d’interrogation".

Thierry Breton, qui fut P-DG du groupe jusqu’à sa nomination à la tête de France Télécom fin 2002 mais qui demeure administrateur avec la présidence du comité stratégique, a volé à son secours en faisant un historique du secteur. "En électronique, l’histoire est devenue chinoise en une décennie", a-t-il expliqué pour justifier l’évolution de Thomson.


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