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Les entreprises européennes ont réinvesti dans leur recherche et développement en 2005

Annie Kahn, le Monde

jeudi 5 octobre 2006, sélectionné par Spyworld

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Après avoir négligé leurs dépenses de recherche et développement (R & D) pendant deux ans, les entreprises de l’Union européenne ont réinvesti en 2005 : selon le tableau de bord de l’investissement industriel en recherche et développement, publié jeudi 5 octobre par la Commission, elles ont consacré l’an dernier 113 milliards d’euros à la R & D, soit 5,3 % de plus qu’en 2004. Cette année-là, les dépenses n’avaient augmenté que de 0,7 %. Et, en 2003, elles avaient reculé de 2 %.

Ce bon résultat doit néanmoins être relativisé : globalement, les entreprises n’appartenant pas à l’Union ont augmenté, en 2005, leurs dépenses de R & D de 7,7 %, soit de deux points de plus que leurs homologues européennes. La différence était de 6 points les deux années précédentes. L’écart continue donc de se creuser, mais moins vite.

Ces résultats ont été obtenus après analyse des résultats des 1 000 entreprises européennes et des 1 000 entreprises non européennes investissant le plus en R & D. Les Etats-Unis font un meilleur score que la moyenne générale (+ 8,1 %), tandis que le Japon reste à la traîne (+ 4,1 %).

L’Inde affiche un taux impressionnant de + 23, 7 %, mais celui-ci a été calculé sur seulement quatre entreprises. La Chine et la Corée du Sud se situent aussi au-dessus de la moyenne, avec des taux de croissance de leur R & D de respectivement 11,6 % et 12,2 %, ainsi que, plus près de nous, Israël (+ 16,6 %) et la Suisse (+ 9,2 %).

Avec un taux de 5,8 %, la France fait mieux que la moyenne. L’Allemagne, en revanche, est en retard (+ 1,9 %), trois de ses principaux contributeurs en matière de recherche (DaimlerChrysler, Volkswagen et Bayer) ayant réduit leurs dépenses en R & D. Le Royaume-Uni affiche en revanche un taux de 8,4 %.

La meilleure conjoncture explique en grande partie ces évolutions : les dépenses de recherche sont en effet très liées au chiffre d’affaires des entreprises. Plus que la volonté politique d’accorder davantage d’importance à cette dépense stratégique, comme souhaité par le conseil européen de Lisbonne du printemps 2000, qui avait fixé à l’Europe l’objectif de consacrer 3 % du produit intérieur brut (PIB) à la recherche en 2010.

En 2005, le chiffre d’affaires des entreprises a globalement augmenté de 7 % pour les pays européens et de 10,4 % pour les non européens, soit davantage que les dépenses de recherche. L’intensité technologique - c’est-à-dire la dépense de recherche ramenée au chiffre d’affaires - s’est donc dégradée.

Comme les années passées, les Etats-Unis continuent d’afficher une plus forte intensité technologique que l’Europe. Structurellement, les entreprises européennes appartiennent à des secteurs faisant moins appel à la R & D que leurs concurrentes américaines, qui rassemblent en particulier les poids lourds de l’informatique et des biotechnologies. Mais cette différence de sectorisation ne justifie pas que la recherche ait moins augmenté en Europe qu’aux Etats-Unis.

L’AUTOMOBILE EN POINTE

En 2005, les secteurs ayant le plus progressé sont en effet l’aéronautique et la défense, suivis du secteur de la santé et de la production pétrolière et gazière, des secteurs dans lesquels les groupes européens tiennent de bonnes positions.

C’est ainsi qu’une société britannique du secteur de l’aéronautique, BAE Systems, qui vient de se retirer du capital d’Airbus, affiche le plus fort taux de croissance. Et Boeing le cinquième. Mais EADS n’a vu son budget de recherche croître que de 3,1 %. Deux coréennes, Samsung Electronics et Hyundai Motor, font partie des entreprises qui affichent les plus forts taux de croissance de leur R & D.

Les constructeurs automobiles continuent d’être très présents en tête du palmarès des entreprises ayant la plus forte dépense de recherche, avec quatre d’entre eux parmi les six premiers. L’appréciation du dollar de près de 15 % par rapport à l’euro, selon les auteurs du rapport, a joué en défaveur des entreprises européennes.

Ce facteur a pénalisé DaimlerChrysler, qui rétrograde de la première à la quatrième position, tandis que deux américains, Ford et General Motors, dont l’état de santé actuel est pourtant préoccupant, se trouvent aux première et troisième places.


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