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Nouveau chantage à l’attentat d’un groupe "AZF"

Reuters

vendredi 25 mars 2005, sélectionné par Spyworld

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PARIS (Reuters) - Un groupe se faisant appeler "AZF" a adressé jeudi deux lettres de chantage à l’attentat à la présidence de la République et au ministère de l’Intérieur, annonce le parquet de Paris.

"Deux courriers ont été adressés (jeudi), sous le sigle AZF, l’un à la présidence de la République et l’autre au ministère de l’Intérieur. Ils comportent pour le mois de mai des menaces en vue d’une extorsion de fonds", déclare le parquet dans un communiqué.

Chacune des deux lettres contenait un détonateur, a-t-on précisé de source judiciaire. Ces deux détonateurs ont été envoyés dans des laboratoires pour expertise.

Le procureur a confié l’enquête de flagrance à la Direction centrale de la police judiciaire. De premières expertises ont été ordonnées.

"Tous les indices disponibles sont analysés et rapprochés de ceux recueillis lors de l’affaire qui avait mobilisé les services d’enquête en 2004", ajoute le parquet.

Le parquet n’a pas souhaité préciser dans l’immédiat la nature des menaces ni le montant de la somme demandée. Les lettres n’évoquent pas le référendum sur la Constitution européenne, prévu le 29 mai, précise-t-il.

L’Elysée s’est refusé vendredi à tout commentaire.

Un groupe baptisé "AZF" s’était livré à deux reprises, fin 2003 et en 2004, à un chantage similaire en menaçant de commettre des attentats contre le réseau ferré français et des groupes industriels.

Le parquet précise qu’il est impossible de savoir pour l’instant si les courriers adressés jeudi émanent de ce même groupe.

Dans de premières lettres aux accents altermondialistes adressées à l’Elysée et à l’Intérieur, il avait réclamé en décembre 2003 quatre millions de dollars et un million d’euros pour révéler l’emplacement de charges explosives dissimulées sur des voies du réseau SNCF.

BOMBE PRES DE LIMOGES

Un échange de communications s’était instauré dans le plus grand secret avec le ministère de l’Intérieur, via de fausses petites annonces sentimentales dans les journaux où les deux interlocuteurs utilisaient pour pseudonymes "Gros loup" et "Suzy".

Des rendez-vous pour des remises de rançon destinés à arrêter les maîtres chanteurs avaient tourné court.

Un engin explosif avait été découvert le 21 février 2004, sur indication de ces derniers, sous une voie TGV près de Limoges (Haute-Vienne). Une autre bombe avait été découverte le 24 mars sur une voie ferrée près de Troyes (Aube), mais aucun lien avec AZF n’a pu être établi formellement.

Les enquêteurs et les juges disposent en outre de l’enregistrement d’une voix féminine, réalisé lors d’un appel au nom du groupe AZF, et d’une empreinte génétique relevée sur l’engin explosif découvert à Limoges.

Malgré de nombreuses arrestations, il n’ont pu identifier de suspect. L’enquête a été confiée aux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Philippe Coirre.

Le 25 mars 2004, le groupe avait annoncé la suspension de son chantage tout en précisant qu’il ne renonçait pas à obtenir de l’Etat le versement d’une rançon de plusieurs millions d’euros, une fois résolus ses problèmes "technologiques et logistiques".

En juillet 2004, cinq groupes industriels avaient reçu de nouvelles lettres de chantage utilisant le même signe AZF, postées de Toulouse.

Les maîtres chanteurs réclamaient aux cinq entreprises, dont quatre du secteur agroalimentaire, le paiement d’un million d’euros sous peine de voir leurs produits empoisonnés avec des produits hautement toxiques.

Un ultimatum était fixé à la mi-septembre mais il n’a pas été tenu.


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