mercredi 13 décembre 2017

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Police : Visages et défis des nouveaux directeurs

Bertille M. Bikoun, Cameroon-info.net

vendredi 13 octobre 2006, sélectionné par Spyworld

Après le secrétaire général de la Délégation générale à la sûreté nationale (Dgsn), Victor Ndoki, installé mardi dernier au Palais de congrès par le délégué général à la Sûreté nationale, Edgar Alain Mebe Ngo’o, les principaux responsables des services centraux de cette institution ont pris fonction mercredi, 11 octobre 2006, au cours d’une double cérémonie d’installation officielle et de passation de service. Portraits des nouveaux promus...

- Monkouop Mominou, Directeur de la sécurité publique

Réconcilier la police avec les populations

D’après le plan du Dgsn dévoilé au cours de la cérémonie d’installation de ses principaux collaborateurs, Edgar Alain Mebe Ngo’o entend "restituer à la police ses lettres de noblesse et lui donner sa véritable place dans la société". Pour cela, elle devra veiller au préalable à l’application de ses missions régaliennes que sont : "la protection des institutions, la protection des hommes et des biens et la lutte contre le grand banditisme". D’où l’intérêt de la direction de la Sécurité publique à qui incombe en premier lieu lesdites missions. Le commissaire divisionnaire Monkouop Mominou, qui prend les rênes de cette direction, pourra ce servir de son passage à la tête du commissariat central de Douala, du temps des villes mortes. Puisque c’est là que ce licencié en géographie de l’Université de Yaoundé a commencé à acquérir ses galons dans le métier. L’ancien délégué provincial de la Dgsn pour le Nord, le Littoral, l’Est et le Sud-Ouest a aussi suivi des stages de formation à l’étranger. Il y a effectué de nombreux stages en police judiciaire, en armement et en tir. C’est fort de ce background que l’ancien Dgsn, Luc Loé, le nommera instructeur à l’Ensp. Mais son successeur, Luc René Bell, renverra à nouveau Monkouop Mominou à Garoua, cette fois comme délégué provincial pour le Nord. Poste qu’il occupait jusqu’à sa nomination, le 5 octobre dernier. Soit un peu plus de deux semaines avant son 47ème anniversaire. Il est marié et père de rois enfants.

- Francis Melone Mbe, Directeur de la police des frontières

Mettre fin à l’affairisme autour des passeports

La question que d’aucuns se posent est celle de savoir comment est-ce que le nouveau directeur de la police des frontières opérera pour satisfaire la forte demande en passeport ? Surtout, comment éviter toutes les tracasseries jusque-là liées à l’obtention du précieux sésame ? Le commissaire divisionnaire Francis Melone Mbe, 52 ans, a déjà sa petite idée : "Dès qu’un usager a déposé son passeport, il ne faudrait pas qu’il attende. On lui donnera un rendez-vous. Et le jour-J, il devrait pouvoir rentrer en possession de son document".

Francis Melone Mbe parle là d’un service qu’il connaît quelque peu. Puisqu’entre 97 et 98, il a été directeur adjoint de la Police des frontières, avant d’occuper le même poste à la Police judiciaire trois années durant (2000-2003), et de gérer par la suite, et ceci deux années durant, la direction de la Sécurité publique. Loin d’être un reposoir, la direction de la police des frontières n’est cependant pas le braisier qu’aura connu Francis Meloné Mbe au début de sa carrière. Lorsque le jeune commissaire d’arrondissement est promu chef service provincial de la Sûreté nationale pour le Littoral (1993-1997). Une "période chaude" dans la carrière de cet homme, puisqu’on est là au lendemain des villes mortes. "Il fallait faire face à l’avènement du multipartisme et au grand banditisme que nous avons circonscrit en trois ans ", dit-il.

Avant sa nomination, Francis Melone Mbe officiait comme directeur de l’Ecole nationale supérieure de police, où il a été lui-même formé entre 80 et 82.

- Beaulys Djom, Directeur des Renseignements généraux (Drg)

Capitaliser les informations stratégiques

Entré à l’Ecole de police en 1981, il est nommé deux ans plus tard à la Police spéciale des chemins de fer à Yaoundé. Quelques années après, il sera promu 2ème adjoint au chef service provincial de l’Extrême Nord, puis 1er adjoint du provincial de l’Ouest, avant d’être nommé commissaire de la Police spéciale des chemins de fer à Douala. Beaulys Djom retournera à l’Ouest, cette fois comme chef service provincial (équivalent de délégué provincial) de la Sûreté nationale ; poste qu’il occupera tour à tour dans le Sud-ouest et le Centre, où il y était depuis avril 2003.

Très peu bavard, celui qui arrive aujourd’hui aux Renseignements généraux, en remplacement de Jean-Luc Ebela, a eu à effectuer plusieurs stages de mission de la paix pour le compte des Nations unies (Ghana et Italie) et un stage en renforcement de la loi. De ces nouvelles fonctions, Beaulys Djom ne souhaite pas en parler. Sa nomination comme Drg est " une très grande marque de confiance de [sa] hiérarchie", dit-il tout juste. Pourtant, il faudra bien qu’il améliore l’image qu’on a de ce service miné, dit-on, par l’affairisme de certains de ses agents. Ce qui pourrait (peut-être) justifier le fait que les informations fournies par ces derniers ne soient pas toujours pries en compte par leur hiérarchie.

Né en 1958 dans l’arrondissement de Mouanko, département de la Sanaga Maritime dans le Littoral, Beaulys Djom affirme être titulaire d’une maîtrise en droit des affaires de l’Université de Yaoundé. Il est marié et " père de nombreux enfants".

- Agathe Florence Lele, Directeur de la formation

Restaurer l’éthique policière dans les centres d’instruction

Elle est l’unique dame parmi les principaux collaborateurs du Dgsn récemment nommés par le chef de l’Etat. L’évocation de son nom renvoie tout de suite à la direction de la police des frontières, où Agathe Lele a passé six années : d’abord comme directeur adjoint, avant d’être promue directrice le 1er avril 2003.

Le commissaire Agathe Lele a pourtant effectué une bonne partie de sa carrière à la direction des Renseignements généraux de la Dgsn. Elle y arrive en 1982, à sa sortie de l’école (de police de Yaoundé), comme chef service adjoint de l’information. Malgré un bref passage (97-98) à la sous-direction des affaires financières de l’Ecole nationale supérieure de la police, Agathe Lele reviendra à la Drg, qu’elle quitte en 2002, alors qu’elle est directeur adjoint. Même si elle a eu, pendant quatre années, à assurer l’intérim du directeur, parti entre temps en retraite.

A la direction de la formation, elle remplace Mathieu Founiapté. Ce changement constitue une aubaine pour elle, car dit-elle, "çà devenait déjà harassant de faire la même chose tous les jours". Pour ce faire, poursuit-elle, "[je] travaillerais en adéquation avec le plan de la Sûreté nationale que le Dgsn a annoncé [...] afin que les policiers soient bien formés ".

Elle sera le troisième responsable de cette unité créée lors du dernier organigramme de la police qui date de 2001. Le premier ayant été Victor Ndoki (actuel secrétaire général de la Dgsn), son camarade de promotion à l’Ecole de police de Yaoundé et à l’Ecole nationale d’administration de Paris (France). Agathe Lele déclare par ailleurs être titulaire d’une licence es sciences économies et d’un master en administration publique. Née le 4 juin 1957 à Ebolowa (Sud), elle est mère de trois enfants.

- Jean-Joel Ondo, Directeur de la Surveillance du territoire (Dst)

Préserver l’intégrité territoriale

De tous les principaux collaborateurs du Dgsn nommés le 5 octobre dernier par décret du chef de l’Etat, la nomination du commissaire divisionnaire Jean Joel Ondo au poste de directeur de la Surveillance du territoire (Dst) est celle qui n’a pas été rendue publique. Il se dit que l’autorité publique l’a voulu ainsi car il s’agit là d’un poste stratégique, et que compte tenu de ses missions, l’identité du titulaire et de ses éléments ne devrait pas être révélé au grand public.

Néanmoins, on sait de Jean Joël Ondo, qui préside désormais aux destinées de cette direction, qu’il est un produit de l’Ecole de police de Yaoundé. Il était délégué provincial de la sûreté nationale du Littoral jusqu’à sa récente nomination à la Dst. Une promotion alors pour l’ancien chef de la division provinciale de la Police judiciaire du Centre. Jean Joël Ondo est réputé comme étant un " homme sec ". A savoir qu’il est très rigoureux, ne transige pas sur ses positions. Par ailleurs, on le dit très discret et réservé. Sa nomination à la Dst est la preuve de la confiance de sa hiérarchie.

- Jacques Kameni ; Chef de la division spéciale de contrôle des services

Le surveillant général des policiers

Ce service s’apparente au gendarme de la police, en ce sens que la division spéciale de contrôle des services doit veiller, d’après Edgar Alain Mebe Ngo’o, "au respect de la déontologie dans le corps". Et les policiers de qualifier cette unité de "police des polices".

Le Dgns espère qu’avec le redéploiement du personnel de cette unité ces éléments vont alors se "débarrasser de leurs comportements rétrogrades", lesquelles sont à l’origine de nombreux dérapages et autres bavures ayant conduit à des sanctions de certains d’entre eux.

L’image que traîne le commissaire divisionnaire Jacques Kameni n’est pas pour dissuader ses pairs. On le dit très peu bavard et avare en déclarations. Des qualités ou des défauts (c’est selon) hérité certainement de ses différents passages à la Sécurité publique et dans les Renseignements généraux, où il a longtemps travaillé. C’est pour parfaire sa formation que ce produit de l’Ecole de la police a effectué plusieurs stages de formation à l’étranger.


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