lundi 23 octobre 2017

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Aux attachés de défense : « Changez ou rompez ! »

Ludovic Rocchi, LeMatin.ch

dimanche 15 octobre 2006, sélectionné par Spyworld

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BERNE De gauche à droite, des parlementaires tirent à boulets rouges sur la tradition des « placards dorés » des militaires à l’étranger. Si rien ne change d’ici au début 2007, la liquidation menace ces espions de luxe

Et une claque, encore une claque pour Samuel Schmid. Le ministre de la Défense aligne les revers face au Parlement. Si l’entier de sa nouvelle conception de l’armée est contesté, la revue de détail réserve aussi de mauvaises surprises. Cette semaine, la commission de gestion du Conseil national a piqué la mouche sur la question des attachés de défense. A trop les couver, Samuel Schmid risque de perdre ses émissaires, « espions » officiels qui se bousculent principalement dans les ambassades suisses des capitales européennes, avec quelques avancées dans des endroits plus « chauds » de la planète.

« A part M. Schmid, aucun des « clients » de ces attachés de défense n’a pu nous dire quelle plus value ils apportent à notre sécurité », rappelle le conseiller national Jean-Paul Glasson, radical fribourgeois. Il préside aux investigations de la commission de gestion sur les dossiers du département de la Défense (DDPS). Avec ses collègues de tous les partis, voilà plus de deux ans qu’ils auscultent le réseau des 17 attachés de défense que le DDPS entretient à travers le monde pour dix millions de francs par an (lire ci-dessus). Il en est ressorti un rapport très critique ce printemps : « Mais nous avons voulu donner une chance au Conseil fédéral de défendre ce réseau dont l’utilité ne nous a pas convaincus. »

Cette chance, le Conseil fédéral l’a usurpée en rendant un contre-rapport lénifiant à fin septembre. Dictée par Samuel Schmid, la réponse du gouvernement laisse entrevoir une professionnalisation et une revalorisation d’une fonction qui fut longtemps dévolue à des officiers généraux en fin de carrière, sachant à peine l’anglais. Sous la pression des Affaires étrangères, l’armée promet aussi soudain de mieux intégrer ses attachés dans les ambassades et de laisser les diplomates accéder à leurs informations. Jusqu’ici, leurs fax cryptés étaient jalousement réceptionnés par les services de renseignements extérieurs. Ils se dépêchaient ensuite d’aller faire les intéressants auprès du seul ministre de la défense avec des informations pas toujours plus extraordinaires qu’une bonne revue de presse étrangère. « Le Conseil fédéral nous mène en bateau, s’énerve Stéphane Rossini (PS/VS), membre de la commission de gestion. Je suis plus convaincu que jamais qu’il faut supprimer ce réseau suranné ! »

Jean-Paul Glasson laisse tout de même une dernière chance aux attachés de défense : « Nous avons écrit cette semaine au Conseil fédéral pour l’avertir que nous vérifierons au début 2007 si ses promesses de réforme sont tenues. A défaut, nous proposerons au Parlement de supprimer ces postes militaires. » On peut difficilement être plus clair...


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