lundi 22 décembre 2014

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Carlyle prend les commandes d’Otor

Feryel Gadhoum, le Figaro

samedi 2 avril 2005, sélectionné par Spyworld

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La guerre entre le papetier Otor et le fonds d’investissement américain Carlyle a franchi une nouvelle étape. Le tribunal arbitral, chargé d’examiner l’accord signé en 2000 entre les deux parties - qui donne sous certaines conditions le contrôle d’Otor à Carlyle -, a rendu sa sentence la semaine dernière. Carlyle devra réaliser la conversion de ses obligations en actions et détiendra ainsi la majorité du capital du cartonnier. Sauf que les dirigeants de ce dernier, Jean-Yves Bacques et Michèle Bouvier, qui ont démissionné la semaine dernière, ne s’avouent pas vaincus. Ils ont fait appel de la décision du tribunal. Une nouvelle procédure qui s’ajoute à la liste interminable de recours exercés par les deux dirigeants mis en examen dans le cadre d’une enquête sur des malversations financières présumées au sein du groupe.

Ces derniers contestent tout. La manière dont Carlyle s’est invité dans leur capital, les critères comptables retenus pour faire passer le contrôle d’Otor aux mains du fonds d’investissement, les commissaires aux comptes retenus pour l’une ou l’autre des décisions, les juges... Tout est passé au crible. Jusque-là, Carlyle a à chaque fois obtenu gain de cause en justice, mais n’a jamais pu faire valoir ses droits.

D’autres décisions sont attendues concernant notamment la demande de révocation de l’un des juges du tribunal arbitral, qui serait en relation indirecte avec Carlyle, selon Jean-Yves Bacques et Michèle Bouvier. Une autre procédure a commencé la semaine dernière aux Etats-Unis, où les deux fondateurs d’Otor ont porté plainte contre Carlyle et le Crédit lyonnais, son ancien banquier, qui les aurait forcés à s’allier au fonds américain. Pour cela, ils ont embauché un avocat déjà bien connu du Crédit lyonnais. Gary Fontana l’a en effet fait plier dans l’affaire Executive Life. Le juge, qui s’est saisi du dossier vendredi dernier, a trois mois pour se prononcer sur sa compétence. L’Autorité des marchés financiers a demandé hier la suspension de la cotation du titre Otor, en attendant d’y voir plus clair. Depuis des mois, le marché est inondé d’informations contradictoires sur le contrôle de la société et le petit actionnaire est perdu. Tout comme les 2 900 salariés du groupe au-dessus desquels est suspendue une épée de Damoclès depuis près de quatre ans.


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