dimanche 22 octobre 2017

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Clearstream : Villepin dément avoir détruit une note de la DST

Le Figaro, avec AFP

lundi 23 octobre 2006, sélectionné par Spyworld

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Matignon a démenti lundi les affirmations du Monde, soutenues par le témoignage du patron de la DST, selon lesquelles Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, aurait détruit en 2004 une note désignant Jean-Louis Gergorin comme le probable « corbeau » de l’affaire Clearstream.

Dominique de Villepin « en sa qualité de ministre de l’Intérieur n’a jamais détruit aucune note de la Direction de la surveillance du territoire ni soustrait aucune information », a expliqué lundi après-midi l’entourage du premier ministre, selon lequel « tous les éléments portés à sa connaissance figurent dans les notes de la DST qui ont été transmises à la justice ».

Ce démenti intervient après que Le Monde ait affirmé, dans son édition du 24 octobre, que le directeur de la DST, Pierre Bousquet de Florian, a avoué mercredi dernier aux juges en charge de l’affaire, qu’une note émanant de ses services avait été détruite le 23 septembre 2004 dans le bureau de Villepin, alors ministre de l’Intérieur.

Ce « pense-bête » manuscrit, selon les termes de Bousquet de Florian, résumait l’enquête menée par ses services, et désignait l’ancien numéro 2 d’EADS, Jean-Louis-Gergorin, comme le probable « corbeau » à l’origine des faux listings Clearstream. D’après Le Monde, le patron de la DST, s’il admettait que la note avait été « passée au broyeur », déclarait « ne plus se souvenir » si c’était par lui ou par Dominique de Villepin.

Dans un communiqué, Pierre Bousquet de Florian précise lundi après-midi que cette « fiche » était un « simple papier à vocation de pense-bête » qui « n’avait plus d’utilité après l’entretien à laquelle elle était destinée ». Elle « n’avait donc pas de raison d’être conservée » et n’aurait « en aucun cas pu faire gagner du temps aux enquêteurs ».

Le premier ministre au centre des investigations des juges

Bousquet de Florian a avoué aux juges avoir été chargé, début juillet 2004, par Dominique de Villepin, de « regarder ce qu’il y avait derrière » les listes de comptes de la banque luxembourgeoise, sur lesquelles figuraient les patronymes de centaines de personnalités politiques ou financières, dont celui de Nicolas Sarkozy. L’enquête de la DST avait conclu que cette liste était un faux, et que Jean-Louis Gergorin, en était probablement à l’origine.

Cette enquête était la seconde que des services de renseignements menaient sur l’affaire Clearstream à la demande de Dominique de Villepin. Or, malgré les conclusions identiques de ces investigations, l’actuel premier ministre n’a jamais informé le juge Van Ruymbeke, chargé du dossier, du rôle de Jean-Louis Gergorin.

Le premier ministre a récemment demandé à être lui aussi entendu « le plus rapidement possible » pour « faire la lumière » sur cette affaire. Selon Le Monde, la forme de l’audition de Dominique de Villepin pourrait, au vu des dernières révélations, aller plus loin qu’un simple témoignage. Le premier ministre pourrait être convoqué les « en qualité de "témoin assisté", voire de "mis en examen" », écrit le quotidien du soir.

Par ailleurs, on a appris lundi après-midi que le haut responsable de l’intelligence économique du gouvernement, Alain Juillet, était à son tour entendu par les juges. Le bureau d’Alain Juillet avait déjà été perquisitionné en mars dernier, et il avait avoué avoir « détruit un dossier » portant sur l’affaire Clearstream, avant de rectifier et de parler de « notes personnelles », expliquant qu’il avait enquêté seul, sans jamais évoquer ses conclusions avec Dominique de Villepin.


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