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La sécurité quantique attaque les entreprises

Stéphanie Chaptal, 01net

jeudi 7 avril 2005, sélectionné par Spyworld

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Plus question de technologie futuriste. La cryptographie quantique fait aujourd’hui ses premiers pas en entreprise en Europe.

Fin avril, la Banque d’Angleterre accueillera un colloque sur la cryptographie quantique . Pourtant, la vénérable institution ne se prend soudainement pas de passion pour la science-fiction ou la physique nucléaire. En mettant ses locaux à la disposition de NOW Wireless, le nouveau distributeur anglais du spécialiste américain MagicQtech, elle entérine surtout les grands débuts commerciaux d’une technologie longtemps considérée comme lointaine.

Depuis les premières expérimentations à échelle réelle en juillet 2002, la cryptographie quantique n’avait guère fait parler d’elle, malgré la création de start-up . « Nous avons consacré ces dernières années à automatiser la cryptographie quantique pour que le système puisse être déployé sans faire appel à un physicien, explique Grégoire Ribordy, fondateur et directeur général de la société suisse id Quantique. De nos jours, un appareil de cryptographie quantique est aussi simple à utiliser qu’un routeur. »

Du coup, les premiers clients arrivent. Ainsi, la société a installé en septembre dernier un site d’archivage pour l’hébergeur genevois Deckpoint. Derrière cette vitrine, la société déclare avoir une « grosse dizaine de clients » en Europe (y compris en France), en Asie et en Amérique du nord.

Un américain et un suisse lancent le marché

Mais, idQuantique n’est plus seule sur ce marché. L’américain MagicQtech commercialise lui aussi des générateurs quantiques de clés de chiffrement. À la différence de la société suisse, il appuie son développement à l’étranger sur des partenariats avec des distributeurs locaux.

Présente en Italie (Duepigreco) et en Angleterre (NOW Wireless), la société veut séduire les administrations et les institutions financières. « Dans un plus large domaine, toutes les industries avec des besoins importants en protection de propriété industrielle, comme le secteur pharmaceutique, nous intéressent, affirme Gareth Simkins, porte-parole de NOW Wireless. Nous avons également un produit, le " Quantum Cryptography Test Bed ", plus spécialement destiné au monde de la recherche. »

En France, la société n’a pas encore de distributeur attitré. Quant à la seule start-up hexagonale lancée dans ce domaine, Smart Quantum, elle en est encore au stade de projet chez l’incubateur Normandie Incubation.

Une technologie sûre, mais limitée

Réputée inviolable, la cryptographie quantique s’appuie sur des propriétés physiques de la lumière. Ou plutôt des particules élémentaires qui la composent : les photons. Lors de la transmission de données chiffrées par ce système, toute tentative d’interception modifie la polarisation de la lumière et donc le message. Émetteur et le récepteur sont ainsi avertis d’une intrusion.

Pour autant cette solution a ses limites. D’abord parce qu’elle ne chiffre que la transmission de données, pas les données elles-mêmes, et ne peut donc protéger des informations stockées sur un support. Mais aussi parce qu’il faut que l’émetteur et le récepteur soient reliés par une fibre optique dédiée sans amplificateurs, car ceux-ci modifient la polarisation des photons. En pratique, les deux parties doivent être distantes de moins de 100 km.


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