mardi 17 octobre 2017

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La guerre planétaire de l’espionnage économique

Ttunishebdo.com.tn

mercredi 25 octobre 2006, sélectionné par Spyworld

L’espionnage économique est devenu de nos jours la préoccupation majeure des entreprises concurrentes à travers le monde, qu’elles soient de taille gigantesque, moyenne ou même petite. Une guerre sourde, féroce, impitoyable fait rage, où tous les coups bas sont permis pour déstabiliser l’adversaire, le mettre à terre, le broyer. Renseignements, manipulations, provocations, corruptions … forment le canevas essentiel des pratiques utilisées pour parvenir à détruire l’ennemi.

Des activités de ce genre sont désormais courantes : fouiller les poubelles d’un concurrent, intercepter un courrier, écouter un téléphone, sonoriser une salle de réunion, détourner des mails, lancer une rumeur hostile, cerner la double vie d’un PDG, susciter une grosse campagne de presse bien salissante, infiltrer une société de gardiennage ou de nettoyage pour se glisser dans les locaux d’une entreprise, introduire une femme de ménage au domicile d’un grand patron … les idées malveillantes se ramassent à la pelle. Des milliers d’officines et de particuliers spécialisés dans le secteur offrent leurs services aux plus offrants et sont recrutés au prix fort.

Dans ce combat « meurtrier », autrefois assimilé à un job de « voyous » et condamné comme tel, sont impliqués aujourd’hui tous les patrons qui « se respectent », depuis les plus grosses pointures jusqu’aux plus petites. « Il faut en finir avec l’angélisme et la naïveté. Qui veut ma mort ? Où se trouve-t-il ? Comment va-t-il s’y prendre ? Voilà les questions qu’un patron doit se poser aujourd’hui, s’il ne veut pas disparaître », souligne le chef d’une importante entreprise française. « Un bon patron est un patron vigilant, qui protège son savoir-faire, enquête sur les marchés qu’il veut conquérir et anticipe les menaces », renchérit un autre boss industriel.

L’espionnage économique ne relève pas de la seule compétence des unités de production et de leurs administrateurs. Les Etats sont également concernés par cette activité qui se situe parmi leurs premières priorités. Tous les pays d’Europe, les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Corée du Sud … mettent leurs services de renseignements à la disposition des entreprises privées. En Amérique, par exemple des compagnies, comme Boeing, IBM, Microsoft ou Coca-Cola roulent main dans la main avec la CIA.

Infiltration à l’extérieur et vigilance à l’intérieur sont les deux faces d’une même monnaie, celle du renseignement. Les Etats-Unis et les entreprises ne se contentent pas d’épier l’autre, mais également de renforcer la vigilance interne. En France, par exemple, l’institution « Protection du patrimoine » du contre-espionnage donne aujourd’hui plus de 700 conférences par an dans le pays pour sensibiliser les cadres en poste dans les entreprises à risques.

Phénomène mystérieux par nature, le « renseignement » économique n’est pas toujours dépourvu de surprises. L’avionneur français Serge Dassaut, qui peine ces dernières années à vendre ses « Rafale » pourtant performants et à des prix « démocratiques », a découvert, la mort dans l’âme, que les informateurs qu’il avait recrutés en Corée du Sud pour surveiller le marché local, étaient en fait … des agents doubles à la solde d’un concurrent américain. La main de la CIA était passée par là …


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