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Les services de renseignement américains dévoilent un Wikipedia version espionnage

Reuters

vendredi 3 novembre 2006, sélectionné par Spyworld

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La communauté des services secrets américains a dévoilé hier sa propre version secrète de Wikipedia, expliquant que le populaire format en ligne, reconnu pour son ouverture, représente une composante essentielle de l’avenir de l’espionnage américain.

Le bureau du grand manitou du renseignement américain, John Negroponte, a annoncé l’existence d’Intellipedia, qui permet aux analystes des services de renseignement et à d’autres responsables de contribuer et d’éditer du contenu sur le réseau secret Intelink Web du gouvernement, de la même façon que le font les internautes avec son célèbre précurseur et homonyme sur Internet.

Le système top secret Intellipedia, auquel ont couramment accès les 16 agences constituant la communauté des services de renseignement américains, a évolué en flèche depuis son introduction le 17 avril dernier, comptant désormais plus de 28 000 pages classifiées et 3 600 collaborateurs inscrits. Des versions moins restreintes du système servent à la gestion de matériel coté seulement « secret » et « sensible », mais « non-classifié ».

Le système est également ouvert au Bureau de la sécurité dans les transports et aux laboratoires nationaux.

Intellipedia sert actuellement à assembler un rapport secret d’envergure, appelé aussi estimation nationale de renseignements, sur le Nigeria ainsi que les rapports nationaux annuels du Département d’État sur le terrorisme, ont révélé des responsables.

Les détracteurs du système - un réseau qui offre à des milliers d’utilisateurs l’accès à des données qu’ils ne verraient pas autrement – sont préoccupés par l’impact que pourraient avoir des problèmes potentiels de sécurité. Une récente fuite dans les médias d’une estimation nationale de renseignements a provoqué d’intenses remous politiques parce qu’elle identifiait l’Iraq comme facteur de croissance du terrorisme global.

« C’est un risque calculé », acquiesce Michael Wertheimer, directeur de la technologie au sein de la communauté des services de renseignement. « Il y a toujours un danger que ces renseignements se retrouvent dans les médias par des fuites. »

Les responsables soulignent par ailleurs la possibilité de produire éventuellement des rapports de renseignement plus précis à l’aide d’Intellipedia, d’une part parce que le système permet à une plus grande variété de personnes d’analyser les données disponibles, et d’autre part parce qu’il conserve une archive complète et permanente des contributions individuelles, opinions divergentes comprises.

Cela pourrait aider à éviter le genre de bourde monumentale commise en 2002 par les services secrets américains, lorsqu’une estimation nationale de renseignements avait établi que Saddam Hussein possédait de grandes quantités d’armes de destruction massive.

Les responsables des services de renseignement montrent un tel enthousiasme devant le rendement d’Intellipedia qu’ils prévoient en donner l’accès à l’Angleterre, au Canada et à l’Australie.

Même la Chine pourrait s’en voir offrir l’accès, pour aider par exemple à produire une estimation de renseignements non-classifiés sur la menace mondiale posée par les maladies infectieuses.


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