lundi 11 décembre 2017

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La DST attaquée pour "faux"

Olivier Toscer, Le Nouvel Observateur

vendredi 3 novembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Après avoir mis le feu au sein du gouvernement, l’affaire Clearstream va-t-elle maintenant ébranler le contre-espionnage français ? Une nouvelle plainte pour « faux et usage de faux » vient en effet d’être déposée contre... Pierre de Bousquet de Florian , le directeur de DST. Visée, une note confidentielle signée de sa main et adressée le 9 décembre 2005 au ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Dominique de Villepin. Objet de la note rédigée six mois après avoir été officiellement chargé de tenter d’identifier le corbeau de l’affaire Clearstream ? Faire part à son ministre des « possibles hypothèses tirées des évolutions récentes de l’affaire ». Dans ce document, dont « le Nouvel Obs » a pris connaissance, le patron du contre-espionnage précise que la DST, « ne fait sur ce sujet que recueillir d’éventuelles confidences sans se livrer à aucune investigation active ». Il n’en explique pas moins à son ministre que la première lettre de dénonciation lançant l’affaire Clearstream émane « très possiblement » de Jean-Louis Gergorin.Pierre de Bousquet évoque également une autre piste, plus surprenante : celle des officines. Selon lui, Hervé Séveno, un ancien policier reconverti dans un cabinet d’intelligence économique privé, « aurait pu [mais au profit de qui ?] déployer des moyens techniques en relation avec l’affaire ». En clair, cet ancien officier de la Brigade financière aurait trempé dans la fabrication des faux listings bancaires. Quelques mois plus tard, le patron de la DST transmettait cette note aux juges chargés d’élucider l’affaire Clearstream.

Or jamais Séveno n’a été, ni de près ni de loin, impliqué par la justice dans le dossier Clearstream. Dénonçant « un service officiel qui mêle le renseignement et la désinformation », l’ancien policier a plainte afin qu’on lui rende justice de ce qu’il qualifie d’« assertions calomnieuses et mensongères ». Pierre de Bousquet n’a pu être joint pour commenter ce nouveau rebondissement. Mais un juge d’instruction devrait bientôt se pencher sur les méthodes d’investigation de la DST dans les affaires d’Etat...


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