mercredi 18 octobre 2017

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Cyberpoliciers contre cybercriminels : la course contre la montre est engagée

AFP

samedi 18 septembre 2004, sélectionné par Spyworld

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STRASBOURG (Conseil Europe), 18 sept (AFP) - Les services de police du monde entier ont engagé une véritable course contre la montre pour lutter contre des cybercriminels qui ont trouvé avec l’internet et ses centaines de millions d’utilisateurs un terrain idéal pour commettre le crime presque parfait.

Quelque 200 experts venus de toute l’Europe mais aussi des Etats-Unis, d’Australie, de Chine ou du Japon se sont retrouvés de mercredi à vendredi au Conseil de l’Europe pour relever le "défi de la cybercriminalité".

Pour Andy Letherby, de l’unité nationale de crime de haute technologie à Londres, les "attaques deviennent de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves".

Ce monde virtuel, sans frontières, où on communique à une vitesse phénoménale pour un coût infime en tout anonymat et où les preuves sont extrêmement volatiles, est devenu, selon les experts, le terrain de prédilection des groupes pratiquant le crime organisé.

Dans le domaine du jeu, des bookmakers ont ainsi été victimes de racket, en Russie, après une attaque informatique massive. "Les maîtres chanteurs demandaient ensuite par mail ou chat (forum de discussions, ndlr) 10.000 dollars par mois pour les protéger", raconte M. Letherby.

"Il faut former les policiers, mais aussi le public", a-t-il ajouté en appelant instamment les internautes à "protéger" leurs ordinateurs.

Une des dernières techniques en vogue consiste à insérer sur l’écran d’un particulier, qui dispose d’un compte bancaire en ligne, une page demandant des informations bancaires confidentielles qui permettront d’accéder à ses liquidités.

Les cyber-menaces vont aujourd’hui des spams à la pédophilie, en passant par les virus, le piratage, le vol d’informations bancaires, de coordonnées de cartes de crédit, la désactivation de services de ventes, le vol d’identité, la fraude, le blanchiment d’argent, le chantage informatique et l’incitation à la haine ou au racisme.

En quelques clics, les pirates peuvent décrocher le jackpot avec seulement une part infime de réponses à leurs milliers de sollicitations. Même pour les demandes les plus saugrenues, comme récemment le mail d’un soi-disant proche d’une personnalité africaine appelant à l’aide pour transférer des fonds en France, le succès est à la clé, selon les spécialistes.

"Il est beaucoup plus facile et moins risqué pour un délinquant de détourner des fonds via internet que de commettre un hold up", estime M. Letherby.

"La criminalité change et nos enquêtes doivent aussi changer" face à des cybercriminels inventifs, a souligné Bernhard Otupal, responsable de la cybercriminalité au secrétariat général d’Interpol à Lyon (est de la France).

"Comme pour tout autre crime, le policier doit compter sur une erreur" de l’auteur pour le pister et le démasquer à travers ses connexions, dans différents pays, ajoute-t-il.

Ce type de "menace internationale exige une réponse internationale", a souligné pour sa part Christopher Painter, du ministère de la Justice américain, appelant à "une coopération internationale sous forme d’entraide".

La Convention du Conseil de l’Europe sur la cybercriminalité entrée en vigueur le 1er juillet prévoit ainsi l’adoption par les pays signataires "d’une législation appropriée" et la "stimulation de la coopération internationale".


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