mardi 24 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Le maître espion Markus Wolf est mort

Le maître espion Markus Wolf est mort

Nouvelobs.com

jeudi 9 novembre 2006, sélectionné par Spyworld

Il avait dirigé de 1958 à 1987 les services de renseignement extérieurs de la Stasi, animant un réseau de quelque 4.000 agents hors de RDA

Markus Wolf, le plus célèbre des espions de l’ex-RDA communiste, est décédé dans son sommeil dans la nuit de mercredi à jeudi à l’âge de 83 ans à Berlin, a annoncé son entourage. Il est décédé alors que l’Allemagne célèbre jeudi le 17e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, qui avait été à l’époque "une surprise" pour lui. Considéré comme l’un des plus grands agents secrets de l’époque de la Guerre froide, Markus Wolf avait dirigé de 1958 à 1987 les services de renseignement extérieurs de la Sécurité d’Etat est-allemande (Stasi), animant un réseau de quelque 4.000 agents hors de RDA. L’un des faits d’armes de Markus Wolf restera le recrutement de Günter Guillaume, l’homme de confiance de Willy Brandt, qui provoqua la chute du chancelier social-démocrate de la RFA, quand il fut découvert en 1974. Markus Wolf s’était réfugié après la Réunification d’abord en Russie, où il avait grandi après avoir quitté l’Allemagne avec sa famille juive communiste en 1933, puis brièvement en Autriche, avant de se rendre de son plein gré à la justice allemande en septembre 1991.

Peine jamais purgée

En 1993, il écopait de six ans de prison pour "trahison" devant un tribunal de Düsseldorf (ouest), une peine qu’il n’a jamais purgée, la Cour constitutionnelle allemande ayant annulé en 1995 toutes les poursuites pour espionnage contre des centaines de responsables des services secrets de RDA. En 1997, il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis pour séquestrations pendant la Guerre froide. Markus Wolf avait également fait de nombreux brefs passages en prison, à chaque fois pour avoir refusé de témoigner dans des procès pour espionnage. Il a toujours refusé de dénoncer les agents qui travaillaient pour lui. L’ancien maître-espion vivait depuis de ses conférences sur l’espionnage et de ses livres, dont un sur la cuisine russe. Jusqu’à sa mort, il a dénoncé une "justice de vainqueurs" qui avait voulu faire de lui "le symbole du mal", alors qu’il n’avait fait que servir un Etat souverain.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :