jeudi 14 décembre 2017

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Alcatel-Lucent : l’OFII accuse le Congrès d’ingérence politique

Reuters

vendredi 10 novembre 2006, sélectionné par Spyworld

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L’audition parlementaire qui se tiendra mardi à Washington sur le projet d’acquisition de Lucent Technologies par Alcatel relève d’une "ingérence politique", a accusé vendredi l’Organisation pour l’investissement international (OFII), qui regroupe les filiales américaines de groupes étrangers.

La Commission des Forces armées de la Chambre des Représentants, sous contrôle républicain, entend examiner les implications pour la sécurité nationale de ce rapprochement de 10,9 milliards de dollars déjà approuvé par les actionnaires des deux équipementiers télécoms.

Le président de la commission, le représentant de Californie Duncan Hunter, s’est inquiété publiquement du devenir de recherches sensibles effectuées par la filiale Bell Laboratories pour le compte du gouvernement.

Dans le souci d’apaiser ces craintes, Lucent a accepté de loger ses activités sensibles dans une filiale distincte qui sera exclusivement dirigée par des Américains.

Todd Malan, président de l’Organisation pour l’investissement international (OFII), a regretté que Hunter vienne mettre son grain de sable dans ce dossier alors que l’administration Bush est sur le point de rendre son avis sur le projet de fusion. "Disons-le tout net, dans la perspective du président Hunter tout investissement étranger représente une menace pour la sécurité nationale", a-t-il affirmé lors d’un entretien téléphonique.

DECISION IMMINENTE DU PRESIDENT BUSH

Le projet de fusion est actuellement examiné par le Comité américain sur les investissements étrangers(CFIUS), une commission interministérielle qui évalue les opérations de fusion-acquisition au regard de la sécurité nationale.

Le CFIUS a effectué un premier examen de 30 jours puis l’a prolongé de 45 jours. Selon Malan, ses conclusions sont probablement sur le bureau du président George Bush qui dispose habituellement, dans ce genre de situation, d’une quinzaine de jours pour prendre une décision.

"Si le président venait à bloquer un projet qui a le soutien du marché et qui émane d’un allié majeur des Etats-Unis, quoi qu’on pense de la France, eh bien cela reviendrait à dire au monde que les Etats-Unis s’engagent dans un mouvement massif de protectionnisme au niveau de l’investissement", a estimé Malan.

Le président de l’OFII, organisation dont Alcatel est membre, a malgré tout bon espoir de voir l’administration Bush avaliser le rachat de Lucent, qui a déjà reçu les autorisations des autorités américaines et européennes de la concurrence.

Hunter a écrit à Bush en avril et encore en octobre pour lui faire part de ses inquiétudes concernant les activités sensibles de Lucent.

"En particulier, je m’inquiète du risque de transferts de technologies ou d’informations sensibles vers d’autres pays avec lequel Alcatel a des relations d’affaires, parmi lesquels on a pu compter la Birmanie, la Chine, Cuba, l’Iran, la Corée du Nord, le Soudan et la Syrie", écrit-il dans sa lettre du 26 octobre, dont le contenu a été rendu public cette semaine.

"J’observe que beaucoup de ces pays sont soumis à des sanctions aux Etats-Unis", ajoute-t-il.

L’an dernier, la compagnie pétrolière chinoise CNOOC s’était vu interdire, pour des raisons de sécurité nationale, de racheter le producteur d’hydrocarbures Unocal.


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