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Long interrogatoire pour MAM dans l’affaire Clearstream

Reuters

samedi 11 novembre 2006, sélectionné par Spyworld

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La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a été interrogée vendredi durant près de 12 heures comme témoin dans l’enquête sur les faux listings de la société Clearstream, a-t-on appris de source judiciaire.

Arrivée vers 13h30 au pôle financier du tribunal de Paris, elle en est ressortie peu après 01h00 sans faire de déclaration.

Les juges d’instruction, Jean-Marie d’Huy et Henri Pons, n’ont observé qu’une seule pause durant cette journée d’interrogatoire.

Son audition en qualité de témoin, autorisée le 18 octobre par le conseil des ministres, suppose qu’aucune charge n’a été retenue contre elle.

Cet interrogatoire est un prélude à celui, déjà annoncé mais pas programmé, du Premier ministre, Dominique de Villepin, dont le statut judiciaire est incertain.

Dans un document transmis lundi au parquet, les juges disent qu’ils comptent interroger le chef du gouvernement et n’excluent pas l’hypothèse d’une mise en examen.

Dominique de Villepin, qui était en déplacement vendredi en Haute-Saône, a été interrogé par la presse à ce sujet.

A la question "Est-ce que vous savez quand vous serez entendu ?", il a répondu, dans un sourire : "Non, mais je ne manquerai pas de vous le dire."

Quant à savoir si l’audition de Michèle Alliot-Marie perturbait le travail du gouvernement, le Premier ministre a dit : "Absolument pas. Nous souhaitons tous que la vérité puisse s’exprimer très rapidement sur le dossier dont vous parlez et donc que les témoignages nécessaires puissent être apportés à la justice."

Michèle Alliot-Marie a déclaré publiquement le mois dernier qu’elle se considérait comme une victime de l’affaire, en soulignant que son compagnon, le député UMP Patrick Ollier, figurait sur les listings falsifiés de la société Clearstream.

"Je souhaite que toute la lumière soit rapidement faite sur cette affaire, d’autant que Patrick Ollier a lui-même été visé, et peut-être moi à travers lui", avait-elle dit.

Les juges enquêtent sur la manipulation menée avec des faux listings de comptes bancaires de Clearstream, société financière luxembourgeoise, qui semblaient compromettre plusieurs centaines de personnes, dont Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Chevènement, Alain Madelin et Dominique Strauss-Kahn.

MARLAND ENTENDU

Ces listings, fabriqués selon l’accusation par Imad Lahoud, alors cadre d’EADS, ont été remis à la justice au printemps 2004 par Jean-Louis Gergorin, vice-président d’EADS, ce qui a entraîné des vérifications menaçantes pour les personnalités mises en cause.

Auparavant, fin 2003, le ministère de la Défense avait commandé une enquête sur ces listings au général Philippe Rondot, spécialiste du renseignement. En janvier 2004, Dominique de Villepin, alors aux Affaires étrangères, a repris le dossier, avant de demander une seconde enquête à la DST en juillet 2004.

Les enquêtes ont conclu que les listings étaient des faux mais ces conclusions n’ont jamais été portées à la connaissance du juge Renaud Van Ruymbeke, à qui Jean-Louis Gergorin avait remis les listings.

Les juges ont déjà auditionné de nombreuses personnalités, dont l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a déclaré ne pas avoir été informé de l’enquête Rondot.

Le directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie, Philippe Marland, entendu comme témoin en mai par les juges, a confirmé avoir demandé en premier, en novembre 2003, une enquête sur les listings au général Rondot.

Philippe Marland a expliqué que le général Rondot devait alors enquêter uniquement sur les fonctionnaires et industriels mis en cause, avec interdiction d’aborder le rôle des hommes politiques, selon sa déposition devant les juges le 28 mars, dont des extraits ont été publiés dans les médias.

Il y expliquait que c’est le 9 janvier 2004, quand Dominique de Villepin a repris le dossier, qu’il a été demandé des vérifications sur les hommes politiques.

Nicolas Sarkozy et d’autres personnalités ayant figuré sur les listings estiment avoir été victimes d’une manipulation et se sont constitués parties civiles. Seuls Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin ont été mis en examen.


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