mercredi 18 octobre 2017

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Les barbouzes aussi possèdent leur Wikipedia

Marc Olanié, Réseaux & Télécoms

vendredi 17 novembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Ce papier de Reuter décrit avec enthousiasme et complaisance comment les services de renseignements des USA, du Canada, de Grande Bretagne et d’Australie seraient en train de constituer une formidable base de données confidentielle sur le modèle de Wikipedia. Une sorte d’Encyclopédie des informations top-secrètes, un référentiel mondial d’Intelligence Economique et militaire qui viendrait doubler les outils d’échanges traditionnels, comme le fait remarquer un blog tout spécialement consacré à ce sujet, l’Unoficial Intellipedia blog. Ce n’est pas un hasard si tous les participants pouvant prétendre à consulter les données les plus sensibles sont tous membres de l’alliance UK-USA articulée autour du système d’écoute Echelon. Le but officiel de cet « Intellipedia » serait d’éviter, par partage d’informations et mise en commun des ressources de collecte, des erreurs de jugement telles que la fameuse histoire des « armes de destruction massive Iraquiennes ». Argument prétexte puisqu’à l’époque, plusieurs pays, dont la France -qui n’est pas membre de l’alliance UK-USA- émettaient de sérieux doutes sur l’interprétation de la photogrammétrie fournie par la Maison Blanche. Doutes d’autant plus fondés que les informations « sur le terrain » ne semblaient pas correspondre à celles collectées par les canaux technologiques. Doutes qui n’ont pas du tout empêché le déclenchement des hostilités par la suite. Bien au contraire, pourrait-on même craindre. Car la force de la chose publiée apporte parfois un crédit supplémentaire à ce qui n’était auparavant qu’une simple rumeur.

S’ajoute le fait que la Grande Bretagne, pays membre de la Communauté Européenne, collabore à la constitution de ce thésaurus de surveillance mondial. Voilà qui pose une fois de plus la question de l’autorité et du pouvoir effectif de la C.E. en dehors des affaires touchant le strict domaine des affaires économiques.

Vient enfin un dernier risque, celui de la « fuite » ou de l’intrusion. Nul serveur*, nul mécanisme de validation d’entrée de données n’est à l’abri d’un piratage. Et, dans ce cas précis, les moyens techniques pour parvenir à forcer les barrières de protection d’un tel système peuvent être à l’échelle de l’économie d’une nation. Tout serait alors à craindre : la fuite d’information pouvant servir de cassus-belli -une cyberversion de la dépêche d’Ems par exemple-, tout comme l’injection de données d’intoxication. Or, en la matière, les Services Secrets de Sa Gracieuse Majesté ont prouvé ces dernières années que leur crédulité était parfois sans limite, particulièrement lorsque les "tuyaux" paraissaient provenir d’Outre Atlantique.

NdlC Note de la Correctrice : Si, précisément. Mon portable HP « non patché WiFi » qui, depuis 3 jours, est éteint, sans alimentation ni batterie, enfermé dans un tiroir connu de moi seule et dont je possède l’unique clef. Matériel Confidentiel, il y a toute ma collection de MP3 de Franck Sinatra


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