lundi 16 octobre 2017

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Londres a "sous-estimé" Al Qaeda dans les années 90

BBC.co.uk

vendredi 17 novembre 2006, sélectionné par Spynews

Un agent secret qui a infiltré le réseau Al Qaeda pendant les années 90, a accepté de parler à la BBC. Il estime que l’organisation était plus dangereuse et mieux organisée qu’on ne le pensait à l’époque. Cet homme, que nous appellerons sous le pseudonyme d’Omar Nasiri, pour protéger son identité, commence sa carrière au milieu des années 90, en négociant des armes, pour le compte d’un groupe d’islamistes algériens basé en Belgique.

Il leur vole de l’argent et se rapproche alors des services secrets français, pour obtenir leur protection.

Ils le recrutent immédiatement comme espion et lui demandent d’infiltrer des camps djihadistes en Afghanistan.

Armes chimiques

A cette epoque, Nasiri reçoit une formation pour manier toutes formes d’armes ; il apprend à a confectionner des explosifs, et s’initie aux tactiques militaires ; il espionne alors Al Qaeda, qui expérimente ses premières armes chimiques, et aperçoit des lapins tués par toutes sortes de poisons et de gaz toxiques.

A la fin de sa formation, le chef du camp, l’un des dirigeants d’Al Qaeda, du nom d’Abu Zudaydah, renvoie Nasiri en Europe pour qu’il monte sa propre cellule terroriste.

Les services secrets français lui demandent alors de se rendre à Londres, où il travaille à la fois pour les Services anglais et français.

Il espionne des individus comme le prédicateur Abu Qattaba et intercepte des messages transmis entre Londres et l’Afghanistan.

Des manuels de fabrication d’explosifs étaient notamment envoyés de Londres en direction des camps d’entraînement.

A la demande de Nasiri, qui veut rester crédible aux yeux d’Al Qaeda, les services secrets lui donnent de l’argent pour qu’il alimente financièrement les camps.

Il infiltre aussi la mosquée de Finsbury Park, du prédicateur Abu Hamza.

Selon Omar Nasiri, les autorités anglaises étaient à l’époque plus preoccupées par des individus potentiellement dangereux que par la menace internationale.

Ce témoignage montre bien que les services secrets britanniques disposaient bien d’espions sur le terrain et observaient la montée de l’islamisme radical au Royaume Uni, mais l’ampleur du problème et le rôle de Londres pourraient ne pas avoir été parfaitement appréhendés.


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