dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Intelligence économique > Otor bloque toujours l’ascension de Carlyle

Otor bloque toujours l’ascension de Carlyle

Feryel Gadhoum, le Figaro

vendredi 15 avril 2005, sélectionné par Spyworld

logo

L’année 2004 a été très dure pour le cartonnier Otor, pris dans une tourmente judiciaire et une conjoncture extrêmement défavorable pour le secteur. Il a fait état hier d’une perte nette part du groupe de 3,02 millions - avec la dépréciation de sa filiale Etuis Cognac pour 2,8 millions d’euros - contre un bénéfice de 4,34 millions d’euros en 2003. Le résultat d’exploitation s’est effondré de 20,13 millions à 5,4 millions tandis que le chiffre d’affaires a crû de 4,1% à 422 millions. L’application des nouvelles normes comptables IFRS a réduit de 12,5 millions d’euros les capitaux propres du groupe et augmenté de 5 millions son endettement net. Le nouveau président d’Otor, Fabien Chalandon - qui remplace provisoirement Jean-Yves Bacques, mis en examen pour malversations financières - est néanmoins assez satisfait de ces résultats, vu la conjoncture. Un avis que ne partage pas l’autre actionnaire principal d’Otor, le fonds d’investissement américain Carlyle qui affirme que « ces résultats démontrent une fois de plus la mauvaise gestion de Jean-Yves Bacques et Michèle Bouvier ». Le fonds s’étonne par ailleurs du montant du salaire annuel de Fabien Chalandon - 300 000 euros - alors qu’Otor est très endetté. De son côté, Fabien Chalandon parle de manipulations et de pressions, exercées par Carlyle qui « voudrait réaliser au plus vite une plus-value estimée entre 60 et 90 millions d’euros ». « Comment voulez-vous qu’il y ait une plus-value possible sur un groupe dont les performances sont si mauvaises ? », s’étonne Jean-Pierre Millet, le directeur général Europe de Carlyle qui ajoute qu’il faudra entre deux et trois ans pour remettre à flot le groupe et pouvoir le vendre en un bloc.

Depuis près de 2 ans, les actionnaires d’Otor se disputent le contrôle du groupe. La dernière décision de justice en date du 23 mars, émanant du tribunal arbitral, octroie de fait le contrôle d’Otor à Carlyle. Les dirigeants du cartonnier ont fait appel. Résultat, le conseil d’administration d’Otor a refusé mardi d’exécuter cette sentence en attendant que tous les recours aient abouti. Ce qui veut dire la récusation de l’un des juges-arbitres, le 21 avril, la plaidoirie pour le recours en suspension de l’exécution provisoire de la sentence, le 19 mai, le recours en annulation de la sentence arbitral, et enfin, la décision du juge américain saisi d’une plainte contre Carlyle et le Crédit lyonnais. La guerre n’est pas finie.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :