mercredi 18 octobre 2017

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Vaste remaniement à la tête des services secrets italiens

AP

lundi 20 novembre 2006, sélectionné par Spynews

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Sur la sellette pour son implication dans l’enlèvement d’un imam égyptien en 2003 par la CIA, le patron du renseignement militaire italien a été limogé, ont annoncé lundi des responsables du gouvernement. Nicolo Pollari, directeur du SISMI, a été remplacé à l’issue d’une réunion spéciale du gouvernement, tout comme le chef des services de renseignements civils, le SISDE et celui du CESIS, qui coordonne les activités des deux agences. Le président du Conseil Romano Prodi a évoqué la "rotation naturelle" en commentant ces nominations. Pollari est remplacé par l’amiral Bruno Branciforte, ancien chef des services secrets de la marine. Le général des carabiniers Mario Mori est remplacé à la tête du SISDE par Franco Gabrielli, spécialiste de la police anti-terroriste. Quant à Emilio Del Mese, patron du CESIS, il cède la place au général à la retraite Giuseppe Cucchi. Pollari, "maître-espion" controversé, avait résisté à tous les appels à la démission, de plus en plus nombreux. Mais les juges de Milan ne lâchent pas l’affaire et ont une nouvelle fois réclamé que l’Italie demande à Washington l’extradition de 26 Américains, qui seraient presque tous agents de la CIA, recherchés pour l’enlèvement présumé d’Abou Omar, dans le cadre des activités secrètes de la CIA en Europe. Le religieux aurait été embarqué dans un vol secret pour l’Egypte, où il aurait été torturé. Selon les enquêteurs milanais, Pollari et d’autres hauts responsables du SISMI ont aidé les Américains à l’enlevé, dont deux ont été arrêtés l’été dernier et plusieurs autres mis en examen. Au pouvoir à l’époque, Silvio Berlusconi, qui l’avait nommé à son poste, avait défendu Pollari bec et ongles, jurant que son gouvernement et le SISMI n’étaient pas au courant de l’opération et n’y avaient pas participé. Cette affaire empoisonne les relations italo-américaines au niveau des services secrets, déjà mises à mal après la mort en 2005 de l’agent Nicola Calipari, tué par des tirs américains à Bagdad alors qu’il venait de présider à la libération de l’otage italienne Giuliana Sgrena


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