dimanche 22 octobre 2017

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La santé de l’ex-agent russe se dégrade, le Kremlin rejette toute implication

20Minutes.fr avec AFP

mardi 21 novembre 2006, sélectionné par Spynews

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L’ex-agent russe Alexandre Litvinenko restait mardi hospitalisé dans un état grave à Londres après avoir été empoisonné selon ses proches par Moscou, une affirmation cependant rejetée par les services secrets russes.

M. Litvinenko, 41 ans, transfuge très critique à l’égard du président russe Vladimir Poutine, a été transféré lundi en unité de soins intensifs.

"Il est toujours dans un état grave en unité de soins intensifs", a précisé mardi dans un communiqué l’University College hospital, où M. Litvinenko, avait été transféré vendredi.

Une photo publiée lundi soir par l’hôpital l’a montré le regard vide, vieilli, ayant perdu tous ses cheveux, plusieurs sondes fixées sur le buste. Il est nourri par intraveineuse.

Scotland Yard a dénoncé une "tentative délibérée d’"empoisonnement", précisant que l’enquête cherchait à en établir les causes, via des tests toxicologiques, l’interrogatoire de possibles témoins et l’examen des caméras de surveillance.

Selon un médecin, John Henry, qui l’a examiné ce week-end, il n’y a "aucun doute" qu’Alexandre Litvinenko a été empoisonné au thallium, un poison "inodore et incolore" qui "ressemble un peu à du sel". "Il suffit d’un gramme pour vous tuer", a-t-il précisé à la BBC.

Cette tentative d’empoisonnement, digne d’un scénario de la guerre froide, est "liée à Moscou et au FSB", a affirmé M. Goldfarb.

Il avait "reçu des menaces contre sa vie", a-t-il expliqué, rappelant que M. Litvinenko, qui avait obtenu l’asile politique en 2001 en Grande-Bretagne et la citoyenneté britannique le mois dernier, avait "publié deux livres accusant les services secrets russes d’activités criminelles" et était "un critique très virulent du président (Vladimir) Poutine".

"Nous n’avons rien à voir avec ce qui est arrivé à Litvinenko. Les services secrets russes ne pratiquent plus depuis longtemps l’empoisonnement ou toute forme d’assassinat", a cependant déclaré à l’AFP le porte-parole du renseignement extérieur (SVR), en charge de l’espionnage à l’étranger, Sergueï Ivanov. "Il faut chercher dans d’autres cercles" que ceux du pouvoir russe, a-t-il ajouté.

Selon Alexandre Goldfarb, le 1er novembre, jour de son empoisonnement, Litvinenko avait rencontré deux Russes avec lesquels il avait pris le thé dans un hôtel du centre de Londres, et un Italien, dans un restaurant de sushis, avec lequel il aurait évoqué le meurtre de la journaliste d’opposition Anna Politkovskaïa. L’un des Russes était un ancien agent du KGB qu’il connaissait, a précisé M. Goldfarb.

Oleg Gordievski, ex-responsable du KGB à Londres dans les années 1980 et ami de M. Litvinenko, a également accusé lundi les services secrets russes.

"Bien sûr que cela a été commandité par l’Etat" russe. "Seul le KGB est capable de faire une telle chose", a-t-il déclaré au quotidien The Times, se référant au FSB sous son ancien nom.

Selon lui, M. Litvinenko a été victime d’un ami russe et ancien collègue, non identifié, recruté secrètement en prison par le FSB, et non par l’Italien Mario Scaramella, qui se serait de lui-même présenté à Rome aux services de renseignement britanniques, avant de disparaître.

Plusieurs personnalités russes ont également dénoncé dans le quotidien Kommersant une "tentative d’assassinat" téléguidée par le Kremlin.

Alexandre "Litvinenko était très critique à l’égard du FSB", ces derniers "n’en pouvaient plus", a ainsi estimé le défenseur des droits de l’Homme Sergueï Kovalev. Pour Oleg Kalouguine, un ex-général du KGB, "le FSB déteste les traîtres et c’est pour cela qu’ils ont décidé de lui rabattre son caquet".

M. Litvinenko aurait une chance sur deux de survivre.


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