mardi 17 octobre 2017

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L’audience d’un espion « d’élite » débute aujourd’hui

Hugo de Grandpré, la Presse

mercredi 22 novembre 2006, sélectionné par Spyworld

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Le présumé espion russe arrêté à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau la semaine dernière transportait avec lui plusieurs cartes bancaires et de crédit, trois téléphones cellulaires, cinq cartes mémoires dont certaines protégées par mot de passe, 7800 $ comptant en devises de cinq pays différents et deux caméras numériques.

Dans des documents qui font état d’un véritable récit à la James Bond, rendus public par la Cour fédérale hier, le gouvernement fédéral détaille ses accusations contre Paul William Hampel.

Les audiences doivent débuter ce matin à Montréal pour entendre la preuve qui justifie la délivrance d’un certificat de sécurité. Mardi dernier, le Canada a mis la main au collet de cet agent présumé d’une branche spécialisée des services de renseignements russes, le Sluzhba Vneshney Razvedki (SVR).

Ainsi, Paul William Hampel serait arrivé au Canada il y a au moins 10 ans. Hampel n’est pas son vrai nom : il s’agirait d’une identité empruntée à un Torontois pour lequel aucun certificat de décès n’a été délivré. Le subterfuge lui aurait notamment permis d’obtenir un passeport canadien. Il fait partie d’un groupe d’élite d’espions longuement entraînés par le SVR et auparavant le KGB, comme le détaille la centaine de pages rendues publiques sur le site Web du tribunal. Les « illégaux », comme on désigne ces officiers de haut rang, sont des individus qui se fondent dans la masse en empruntant une fausse identité et tentent de colliger des informations sur les pays dans lesquels ils se trouvent.

28e certificat depuis 1991

Rien n’est divulgué quant au type d’information qui était recherchée par M. Hampel. Selon des sources dans le domaine du renseignement, l’espionnage porte surtout sur des secrets à caractère économique depuis la fin de la guerre froide.

Il s’agit du 28e certificat de sécurité délivré au Canada depuis 1991, le premier par le gouvernement Harper. L’homme, dont la véritable identité et le lieu de résidence n’ont pas été révélés, pourrait être extradé. Selon le certificat de sécurité, il représente une menace pour la sécurité nationale.

Ses avocats, Claude Whalen et Stéphane Handfield, comptent demander une remise de la date d’audience, au motif qu’ils n’ont pas eu suffisamment de temps pour examiner le dossier.

En novembre 2002, un rapport international sur les services de renseignements indiquait que la Russie concentrait ses efforts sur l’Europe et l’Amérique du Nord en matière d’espionnage, surtout depuis 1992 et avec l’assentiment du président Vladimir Poutine.

En 1996, Dimitriy Olshevsky et Yelena Olshevskaya, alias Ian et Laurie Lambert, avaient aussi fait l’objet d’un certificat de sécurité avant d’être renvoyés en Russie.


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